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Suspension des frappes contre l’énergie iranienne et préparation d'une opération terrestre avec le déploiement de milliers de soldats américains : derniers développements de la guerre au Moyen-Orient

Washington suspend ses frappes contre le secteur énergétique iranien pour dix jours, notant un progrès dans les négociations avec Téhéran. Cependant, les médias évoquent le déploiement de 10 000 soldats américains au Moyen-Orient, affirmant que les États-Unis prépareraient une opération terrestre. Les derniers développements sur RT en français.

Vendredi 27 mars

Araghchi : le passage des navires étrangers dans le détroit d'Ormuz se fait avec l'accord de l'Iran

Les ministres des Affaires étrangères russe et iranien, Sergueï Lavrov et Abbas Araghchi, se sont entretenus par téléphone pour discuter de l'évolution de la situation régionale et des conséquences de l'agression militaire menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, rapporte la télévision d'État iranienne.

Lors de cette conversation, le chef de la diplomatie russe a condamné l'agression des États-Unis et d’Israël, soulignant la nécessité de respecter les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies. Il a également exprimé la volonté de la Russie de poursuivre les consultations afin de contribuer à la réduction des tensions et au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans la région.

Abbas Araghchi, quant à lui, a décrit l'insécurité actuelle dans le détroit d'Ormuz comme la conséquence de l'agression militaire de Washington et de Tel Aviv. Il a également précisé que le passage des navires étrangers dans le détroit d'Ormuz se faisait avec l'accord des autorités iraniennes compétentes.

Rubio prévoit une possible fin de la guerre au Moyen-Orient dans les deux prochaines semaines 

À l'issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a partagé sa vision de la situation au Moyen-Orient, affirmant que les négociations américano-iraniennes progressaient bien et que l'offensive américaine contre l'Iran pourrait prendre fin dans deux semaines.

Il a également suggéré que Washington pourrait réorienter vers le Moyen-Orient les armes initialement destinées à l'Ukraine. Dans ce contexte, Rubio a souligné que ces armes appartiennent principalement aux États-Unis et seront utilisées, si nécessaire, en priorité par les forces américaines.

Un site de production d’eau lourde destiné aux réacteurs nucléaires ciblé par des attaques israélo-américaines

Un complexe iranien de production d’eau lourde, utilisé dans les réacteurs nucléaires, a été visé par des attaques israélo-américaines à Handab, rapporte l’agence Fars, citant une source sécuritaire locale. Selon cette source, l’attaque s’est déroulée en deux phases.

Fars précise que les frappes n'ont fait aucune victime et ne représentent aucun danger pour la population de la région, grâce aux mesures de sécurité mises en place en amont.

Six diplomates iraniens tués dans des attaques israéliennes au Liban

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la mort de six diplomates iraniens, tués dans des attaques israéliennes visant leurs résidences au Liban.

Dans un communiqué relayé par l’agence Fars, Téhéran qualifie l’attaque de « terroriste », dénonçant un acte de terrorisme organisé et une violation manifeste des principes fondamentaux du droit international.

L'armée iranienne affirme avoir détruit des avions ravitailleurs américains en Arabie saoudite

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a mené des frappes contre la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj, en Arabie saoudite, où sont stationnées des troupes américaines, rapporte la télévision d'État iranienne. Selon un communiqué, plusieurs avions ravitailleurs américains ont été détruits lors de cette frappe.

Des cartables pour mémoire : les footballeurs iraniens rendent hommage aux victimes de Minab

Les joueurs de l’équipe nationale iranienne de football sont entrés sur la pelouse avec de petits cartables, en hommage aux écolières tuées lors de l’attaque de missiles contre une école primaire de filles à Minab.

Ils les ont brandis pendant l’hymne national, avant le coup d’envoi du match face au Nigeria, dans un geste silencieux chargé de symbole.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU condamne à l'unanimité l'attaque contre une école de filles à Minab

Réuni en session d’urgence à Genève le 27 mars, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a condamné à l’unanimité l’attaque contre une école primaire de filles à Minab, qui a fait au moins 170 morts parmi les écolières et les enseignants. L’instance a exigé l’ouverture d’une enquête immédiate et que les responsables soient traduits en justice, rapporte l'agence Mehr.

Dans un communiqué, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a également condamné l'attaque, la qualifiant d'exemple choquant de l'impact de la guerre sur les civils, en particulier les enfants. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes, soulignant que le meurtre d'élèves ne saurait être justifié en aucune circonstance.

L'Iran a frappé le principal centre de transport de l'armée israélienne à Tel Aviv

L'armée iranienne a mené une frappe de drone contre le principal centre de transport des forces israéliennes situé à Tel Aviv, rapporte la télévision d'État iranienne. Aucun détail sur les résultats de l'attaque n'a été fourni.

Araghchi : plus de 600 écoles endommagées ou détruites par les attaques américano-israéliennes

Plus de 600 écoles ont été détruites ou endommagées en Iran depuis le début de la guerre, et le nombre de morts parmi les élèves et les enseignants dépasse les 1 000, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De plus, les frappes ne se limitent pas aux établissements scolaires. Selon le chef de la diplomatie iranienne, les agresseurs, qui menacent ouvertement de détruire des infrastructures essentielles, ont ciblé des hôpitaux, des ambulances et des secouristes du Croissant-Rouge. Des raffineries de pétrole, des réseaux d'adduction d'eau et des zones résidentielles ont également été touchés.

Araghchi a affirmé que des termes juridiques tels que « crimes de guerre » ou « crimes contre l'humanité » sont insuffisants pour décrire l'ampleur des atrocités commises sur le sol iranien. Il s'est dit convaincu que la véritable nature des auteurs de ces crimes se révèle dans leurs actes, et non dans leurs déclarations.

Medvedev : la plus grande guerre au Moyen-Orient est encore à venir

Le vice-président du Conseil de sécurité russe et ancien président de la Russie, Dmitri Medvedev, a déclaré dans une interview accordée à RIA Novosti qu'une résolution pacifique du conflit au Moyen-Orient était impossible dans un avenir proche, les parties au conflit se vouant une haine profonde. Selon lui, même si une forme de réconciliation finira par se produire, aucun règlement pacifique n'a été trouvé dans la région depuis 70 à 80 ans, et la situation ne cesse de s'aggraver.

Évoquant les conséquences de la guerre, Medvedev a déclaré qu'une « vengeance contre les Américains » pour l'assassinat du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, était inévitable et susceptible d'être menée à l'échelle mondiale. Il a également souligné qu'avec cette agression, les États-Unis avaient clairement convaincu tous les pays du Golfe qu'ils ne défendaient qu'eux-mêmes et Israël, et personne d'autre.

L'ex-président russe a également laissé entendre que la plus grande guerre au Moyen-Orient était encore à venir, ajoutant que la région deviendrait alors une source d'instabilité à long terme, qui pourrait perdurer pendant des siècles.

Araghchi : personne ne peut croire que l’attaque contre une école de filles à Minab était autre que délibérée

« Au moment où les agresseurs israéliens et américains, d'après ce qu'ils disent, possèdent les technologies les plus avancées et qu'ils ont une précision militaire extrêmement élevée grâce à leurs systèmes de données, personne ne peut croire qu’une attaque contre une école de filles à Minab, qui a fait plus de 160 morts parmi les élèves, ait été autre que délibérée », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Selon lui, cette attaque n'était pas un simple incident ni une erreur d'appréciation et ne doit rencontrer ni le silence ni l’indifférence. Il a également souligné que dénoncer une telle attaque contre un lieu civil n'était pas seulement une obligation juridique, mais un « impératif humain et moral ».

Araghchi : l'Iran n'a jamais souhaité la guerre, mais se défendra tant que cela sera nécessaire

Téhéran considère qu'il est important de défendre les principes des droits de l'homme en jeu, a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il a indiqué que l'Iran, nation noble et pacifique, et l'une des civilisations les plus riches de la planète, n'avait jamais souhaité la guerre.

Néanmoins, a souligné le chef de la diplomatie iranienne, la République islamique se trouve dans une situation où elle doit faire face à une « agression brutale » et faire clairement comprendre aux agresseurs que la communauté internationale les tient responsables des crimes horribles qu'ils commettent contre les Iraniens.

« Nous nous défendrons tant que cela sera nécessaire », a conclu Abbas Araghchi.

Plus de 850 missiles Tomahawk tirés contre l’Iran, selon le Washington Post

Les forces américaines ont utilisé plus de 850 missiles de croisière Tomahawk lors de leur offensive contre l’Iran, rapporte le Washington Post, citant des sources. La majorité de ces attaques a été concentrée dans la phase initiale de la campagne contre Téhéran.

Cette utilisation intensive d’armes de précision a suscité l’inquiétude au sein du Pentagon, où des discussions sont en cours sur le renforcement des capacités militaires. La production annuelle de Tomahawk étant limitée à quelques centaines d’unités, le rythme des tirs pose question.

Les sources du Washington Post soulignent que le Pentagone surveille de près la consommation de missiles, évaluant son impact sur la guerre actuelle contre l'Iran et sur les attaques futures. Un responsable a qualifié le stock restant de « terriblement bas », tandis qu'un autre s'est inquiété de la possibilité que le Pentagon épuise bientôt son stock de Tomahawk au Moyen-Orient.

Ormuz : trois navires font demi-tour après un avertissement iranien

Trois porte-conteneurs battant pavillons différents ont renoncé à franchir le détroit d’Ormuz après un avertissement de la marine iranienne, rapporte l’agence de presse Mehr, citant le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Les navires tentaient d’emprunter un couloir maritime réservé aux bâtiments autorisés par l’Iran.

Le CGRI a réaffirmé que tout navire lié aux États-Unis, à Israël ou à un pays soutenant l'agression contre l’Iran restait strictement interdit de passage.

Le communiqué a qualifié de « fausses » les déclarations du président américain Donald Trump, qui affirmait que le détroit d’Ormuz demeurait ouvert.

L'Iran appelle les civils du Moyen-Orient à quitter les zones de déploiement des troupes américaines

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a appelé les civils du Moyen-Orient à quitter immédiatement les zones où sont stationnées les forces américaines, pour leur propre sécurité.

Dans un communiqué, le CGRI accuse les forces américano-israéliennes d’utiliser des civils comme boucliers humains, les qualifiant de « lâches » et affirmant qu’elles se retranchent dans des installations non militaires.

L’armée iranienne a également ajouté qu'elle considère comme son « devoir » de détruire les « forces terroristes américaines ».

Téhéran visée par des frappes nocturnes, des explosions signalées

Dans la nuit du 26 au 27 mars, Téhéran a été la cible de frappes aériennes. Des témoins publient sur les réseaux sociaux des vidéos montrant ce qui semble être des impacts sur la capitale iranienne, de multiples explosions étant audibles.

L'armée israélienne risque l'effondrement en raison d'une pénurie d'effectifs, alerte le chef d'état-major de Tsahal

Le chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que, faute de solution à la pénurie d'effectifs, l'armée pourrait bientôt s'effondrer, rapporte le Jerusalem Post.

Des sources au sein de Tsahal ont également indiqué que l'armée israélienne continuait de faire face à une grave pénurie d'effectifs, ce qui est particulièrement préoccupant, notamment compte tenu de la guerre en cours.

Des « boîtes de conserve » piégées sèment la mort dans le sud de l’Iran

Plusieurs habitants ont péri à cause de mines dissimulées dans des boîtes de conserve, larguées par des avions israéliens et américains près de la ville de Shiraz, dans le sud de l'Iran, rapporte Tasnim.

D'après l'agence de presse, ces « boîtes de conserve » explosent immédiatement après leur ouverture.

Les forces de sécurité locales procèdent à la récupération des engins explosifs et demandent à la population de se tenir à l'écart de ces objets suspects et, si elle en découvre, d’en signaler l'emplacement exact à la police.

Moscou saisit le Conseil de sécurité de l’ONU après les frappes sur des cibles civiles iraniennes

La Russie a demandé la tenue de consultations au Conseil de sécurité des Nations unies au sujet des frappes ayant visé des infrastructures civiles en Iran, notamment des écoles et des hôpitaux, a indiqué aux journalistes Evguéni Ouspensky, porte-parole du représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU.

La réunion, programmée par la présidence américaine du Conseil, doit se tenir le 27 mars à 10h00 (heure de New York), soit 14h00 GMT.

Araghchi : l'ONU doit « insister » sur la condamnation des États agresseurs

Les Nations unies doivent insister sur la nécessité de poursuivre les États agresseurs qui violent la Charte de l’ONU et portent atteinte aux fondements du droit international, notamment au droit humanitaire et aux droits de l'homme, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Araghchi estime que l’instabilité actuelle dans le détroit d’Ormuz découle directement de l'agression américano-israélienne. Dans ce contexte, empêcher le passage de navires liés à Washington, Tel Aviv ou à leurs alliés relève, selon lui, d’un droit légitime en tant qu’État côtier.

Frappes iraniennes : jusqu’à 2,9 milliards de dollars de pertes pour les États-Unis

Les États-Unis pourraient dépenser jusqu’à 2,9 milliards de dollars pour réparer ou remplacer leur équipement militaire endommagé lors des frappes iraniennes, rapporte le Wall Street Journal, citant un ancien responsable du Pentagone.

Les principaux coûts sont liés aux pertes d'aéronefs : le remplacement de trois chasseurs F-15 coûtera environ 300 millions de dollars, tandis que la réparation du F-35 endommagé coûtera 82,5 millions de dollars. Le ravitailleur KC-135 perdu, qui n'est plus en production, sera probablement remplacé par le KC-46, dont le coût est estimé à environ 165 millions de dollars.

Les États-Unis ont également perdu plus d'une douzaine de drones MQ-9 Reaper, d'une valeur unitaire d'environ 16 millions de dollars. Les nouvelles versions sont évaluées à 30 millions de dollars l'unité. Les systèmes radar et de défense aérienne de la région, notamment les coûteux systèmes d'alerte précoce, ont été endommagés.

Le montant total pourrait encore augmenter : certaines pertes, notamment liées à l’incendie du porte-avions USS Gerald R. Ford, n’ont pas encore été pleinement évaluées.

Déploiement de 10 000 soldats américains et mobilisation en Iran : comment les belligérants se préparent à une éventuelle opération terrestre

La question des préparatifs de Washington en vue d'une invasion terrestre de l'Iran est de plus en plus abordée, à mesure que les médias révèlent d'éventuelles manœuvres préparatoires des deux camps. Ainsi, selon le Wall Street Journal, qui cite des sources, les États-Unis pourraient envoyer environ 10 000 soldats au Moyen-Orient. D'après le quotidien américain, outre les 5 000 Marines et les plusieurs milliers de parachutistes déjà déployés, des unités d'infanterie et des véhicules blindés supplémentaires pourraient être engagés.

L'éventualité d'un renforcement du contingent est envisagée suite aux déclarations du président américain Donald Trump concernant les progrès des négociations avec l'Iran. Cependant, les médias ont évoqué la possibilité d'une opération terrestre américaine en République islamique, qui pourrait débuter dès les prochains jours.

Ces informations concernant une possible invasion terrestre américaine n'ont pas échappé aux Iraniens. Selon l'agence de presse Tasnim, plus d'un million de citoyens ont été mobilisés en prévision d'une telle action de Washington dans le sud du pays. Des sources indiquent qu'il existe un enthousiasme croissant parmi les forces terrestres iraniennes pour créer un « enfer historique » pour les Américains sur le sol iranien, alors que les autorités iraniennes reçoivent un afflux massif de candidatures de jeunes Iraniens souhaitant rejoindre le Bassijd, le Corps des gardiens de la révolution islamique et l'armée iranienne, demandant à participer à des opérations de combat.

Trump reporte de dix jours les frappes contre les installations énergétiques iraniennes

Le président américain Donald Trump affirme avoir ordonné, à la demande de Téhéran selon ses dires, la suspension des frappes contre les installations énergétiques iraniennes jusqu'au 6 avril. Le locataire de la Maison Blanche a également déclaré que les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent et « se déroulent très bien », malgré les affirmations contraires des « fake médias ».

L'Iran proteste auprès de l'ONU contre l'utilisation du territoire des pays du golfe Persique pour des attaques américaines 

Le représentant permanent de l'Iran auprès de l'ONU, Amir Saeed Iravani, a adressé deux lettres distinctes au Conseil de sécurité et au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, pour exprimer la protestation de Téhéran contre les décisions des gouvernements du Qatar, du Koweït, des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite, qui, vraisemblablement, permettent aux États-Unis et à Israël de mener des attaques contre des cibles iraniennes, rapporte Tasnim.

L'agence de presse iranienne, citant des sources, indique également que cinq pays du golfe Persique, dont Bahreïn, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, ont mis leur territoire et leur espace aérien à la disposition des États-Unis pour des frappes contre l'Iran. Le communiqué ajoute que des militaires américains ont utilisé les bases, les eaux territoriales et l'espace aérien de ces pays lors d'opérations aériennes, navales et de tirs de missiles contre la République islamique.