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Frappes contre Tel Aviv, pressions américaines et incertitudes sur les pourparlers : nouvelle journée sous tension au Moyen-Orient

L’Iran a lancé de nouvelles frappes contre Israël, tandis que les États-Unis entretiennent l’idée de discussions pour enrayer l’escalade, sans clarification nette à ce stade. Entre opérations militaires, signaux contradictoires de Washington et démentis iraniens, cette nouvelle journée s’ouvre dans un climat de forte tension au Moyen-Orient.

Mardi 24 mars

Washington préparerait l’envoi d’environ 3 000 parachutistes supplémentaires au Moyen-Orient

Le Pentagone prévoit de déployer au Moyen-Orient près de 3 000 militaires de la 82e division aéroportée pour soutenir ses opérations contre l’Iran, affirme le Wall Street Journal, qui cite deux responsables américains. Selon le quotidien, l’ordre écrit pourrait être donné dans les prochaines heures.

Dans le même temps, Fox News affirme que le général de division Brandon Tegtmeier et plusieurs membres de son état-major ont déjà reçu l’ordre de partir pour la région. Aucune décision officielle n’aurait toutefois encore été prise sur un éventuel engagement de troupes terrestres américaines sur le sol iranien.

« C’est la guerre de survie politique de Netanyahou, mais 8 milliards de personnes en supportent le poids » affirme Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mardi que l’escalade au Moyen-Orient faisait payer au monde entier le prix de la stratégie israélienne. Il a dénoncé une guerre menée, selon lui, pour la survie politique de Benjamin Netanyahou, tout en soulignant que ses conséquences dépassaient largement la région.

Le chef de l’État turc a aussi mis en garde contre les répercussions économiques du conflit, en particulier autour du détroit d’Ormuz, et appelé à une action internationale contre le Premier ministre israélien et son entourage. Ankara répète vouloir éviter un élargissement du conflit et privilégier la désescalade diplomatique.

Plus de 82 000 sites civils endommagés en Iran depuis le début des frappes, selon le Croissant-Rouge

Plus de 82 000 sites civils ont été endommagés en Iran depuis le début des frappes américaines et israéliennes, a affirmé le chef du Croissant-Rouge iranien. Parmi eux figurent plus de 62 000 bâtiments résidentiels, ainsi que près de 19 200 commerces, d’après ce bilan communiqué mardi.

Le responsable iranien a également fait état de dégâts sur 281 structures liées à la santé, 498 écoles et 17 centres du Croissant-Rouge, signe de l’ampleur des dommages signalés par Téhéran sur les infrastructures civiles.

Le ministre français de l’Économie met en garde contre « un nouveau choc pétrolier »

Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a estimé le 24 mars devant l’Assemblée nationale que la guerre au Moyen-Orient provoquait « un nouveau choc pétrolier », susceptible de peser sur la croissance française. Il a pointé les perturbations dans l’acheminement du pétrole du Golfe vers le reste du monde.

Le ministre a averti que, si ce choc énergétique devait durer au-delà de quelques semaines, la crise pourrait s’étendre plus largement à l’économie et prendre une dimension plus systémique.

Le Hezbollah dénonce l’expulsion de l’ambassadeur d’Iran et presse Beyrouth de revenir sur sa décision

Le Hezbollah a condamné la décision des autorités libanaises de retirer son agrément à l’ambassadeur d’Iran et de le déclarer persona non grata. Dans un communiqué, le mouvement appelle Beyrouth à revenir sur cette mesure, annoncée plus tôt dans la journée par le ministère libanais des Affaires étrangères.

La décision a immédiatement ravivé les tensions entre le Hezbollah, soutenu par Téhéran, et les autorités de Beyrouth.

« L’Europe n’est plus leur priorité » : le chef d’état-major français alerte sur le tournant stratégique de Washington

Le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, a estimé que les actions des États-Unis au Moyen-Orient avaient un effet direct sur la sécurité et les intérêts français. En ouverture du Forum de défense et de stratégie de Paris ce 24 mars, il a regretté une intervention américaine décidée sans concertation avec les alliés européens, évoquant un partenaire « de moins en moins prévisible ».

Fabien Mandon a expliqué que Paris avait dû réagir dans l’urgence pour protéger ses ressortissants et ses intérêts dans la région. Il a aussi souligné que l’Europe n’était plus la priorité stratégique de Washington, appelant les Européens à réduire leur dépendance envers les États-Unis sans pour autant rompre avec eux.

Des B-52 américains décollent désormais de la base britannique de Fairford pour attaquer l’Iran

Des bombardiers américains B-52 ont commencé à décoller de la base de la Royal Air Force à Fairford, au Royaume-Uni, pour participer à des attaques contre l’Iran, selon Fox News. La chaîne ajoute que ces appareils emporteraient notamment des bombes guidées par satellite de près de 900 kg, destinées à frapper des cibles durcies.

Reuters a rapporté ces derniers jours que Londres avait autorisé l’usage de bases britanniques, dont Fairford, pour les opérations américaines, et des images de l’agence ont montré une activité de bombardiers sur place.

Téhéran dit redouter un piège derrière d’éventuelles négociations avec Washington

Les autorités iraniennes craignent que de possibles discussions avec les États-Unis ne servent de piège, rapporte le Wall Street Journal, citant des responsables iraniens et arabes. À Téhéran, certains redoutent notamment qu’une rencontre directe n’expose le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, à une tentative d’assassinat, Washington cherchant à établir un contact avec lui.

Selon le journal, la méfiance iranienne s’étend aussi à la pause de cinq jours évoquée par Donald Trump avant d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques. Téhéran soupçonnerait le président américain de chercher avant tout à faire baisser les prix du pétrole avant une reprise des attaques.

Téhéran assure n’avoir transmis aucune proposition de cessez-le-feu aux États-Unis

L’Iran n’a transmis aucune proposition de cessez-le-feu à Washington, a affirmé le député Yaghoub Rezazadeh à l’agence ISNA. Selon lui, ni l’appareil diplomatique, ni le gouvernement, ni les forces armées n’ont formulé d’offre ou engagé de discussions en vue d’un arrêt des hostilités.

L’élu a présenté les déclarations américaines sur de possibles contacts comme une opération de « guerre psychologique » menée par Donald Trump.

L’Iran affirme contrôler le détroit d’Ormuz et écarte l’hypothèse d’un minage du golfe Persique

L’Iran affirme garder la main sur le détroit d’Ormuz sans avoir besoin de miner le golfe Persique. Le porte-parole de l’état-major central des Gardiens de la révolution, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré que Téhéran contrôlait ce passage stratégique et qu’un recours aux mines n’était pas nécessaire dans l’immédiat.

Cette prise de parole intervient alors que le détroit d’Ormuz reste au cœur des tensions, en raison de son rôle crucial dans le transport mondial d’hydrocarbures.

Le Liban retire son agrément à l’ambassadeur d’Iran, déclaré persona non grata

Le Liban a retiré son agrément à l’ambassadeur d’Iran et l’a déclaré persona non grata, en lui donnant jusqu’au 29 mars pour quitter le territoire, selon le ministère libanais des Affaires étrangères. La décision marque un nouveau durcissement diplomatique de Beyrouth vis-à-vis de l’Iran, alors que le Liban est lui-même pris dans l’extension régionale du conflit.

Mohammad Bagher Zolghadr nommé à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale

Mohammad Bagher Zolghadr a été nommé nouveau secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. La décision a été prise par décret présidentiel, avec l’aval du Guide suprême, d’après la présidence iranienne.

À Beyrouth, un lycée accueille 16 familles réfugiées du sud du Liban

Le lycée privé La Fontaine, à Beyrouth, a ouvert ses portes à 16 familles déplacées venues du sud du Liban. L’établissement a organisé leur accueil avec l’appui de la Maison russe, qui a distribué des manuels scolaires et proposé des activités en russe aux enfants.

Cette initiative illustre aussi la mobilisation locale autour des déplacés, alors que les bombardements dans le sud du Liban continuent de pousser des familles à se replier vers la capitale.

Les monarchies du Golfe reprochent à Washington de ne pas les entendre sur l’Iran

Plusieurs États du Golfe sont mécontents de voir les États-Unis poursuivre leur stratégie contre l’Iran sans réellement tenir compte de leurs positions, rapporte le Wall Street Journal. Selon le journal, les pays arabes pensaient avoir convaincu Washington d’empêcher de nouvelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, avant l’attaque contre le champ gazier de Pars.

Cette frustration s’explique aussi par le fait que les pays du Golfe se retrouvent directement exposés aux représailles iraniennes, notamment contre leurs installations pétrolières et gazières, alors même qu’ils cherchent à éviter une entrée ouverte dans la guerre.

Un pétrolier irakien aurait franchi le détroit d’Ormuz pour la première fois depuis le début de la guerre

Un premier pétrolier transportant du brut irakien a traversé le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre en Iran, rapporte Bloomberg. Le navire, l’Omega Trader, géré par le groupe japonais Mitsui OSK Lines, avait cessé d’émettre sa position dans le Golfe avant de réapparaître au large de l’Inde, près de Mumbai. L’agence parle d’un « passage dans l’ombre », une pratique qui consiste à couper le transpondeur du navire pour rendre son trajet plus difficile à suivre.

Moscou dit ne pas savoir où en sont réellement les contacts entre Washington et Téhéran

Le Kremlin dit constater une multiplication de déclarations contradictoires autour d’éventuels échanges entre les États-Unis et l’Iran, sans être en mesure de dire ce qu’il en est réellement. Dmitri Peskov a estimé que les versions avancées par les différentes parties se contredisaient, rendant la situation difficile à lire.

Le porte-parole de la présidence russe a aussi rappelé que Téhéran était resté ouvert à des négociations jusqu’au déclenchement des frappes, assurant que les discussions progressaient encore avant le début des hostilités.

Moscou se dit prêt à participer à une médiation autour de l’Iran

La Russie affirme suivre de près l’évolution de la crise entre l’Iran et ses voisins et se dit disposée à contribuer à des efforts de médiation. Sergueï Lavrov a assuré que Moscou continuait d’échanger avec Téhéran comme avec les États du Golfe, en défendant une issue fondée sur la négociation.

Le chef de la diplomatie russe a insisté sur une issue politique, en jugeant que « c’est précisément cette voie — la voie des négociations, la voie de l’unité et de la recherche d’un équilibre — qui répond aux intérêts de toute cette région du monde », et non « les tentatives de contraindre un pays par la force, à suivre des diktats venus de l’extérieur ».

Beyrouth subit sa plus forte série de frappes depuis le début de l’escalade

Israël a mené dans la nuit du 23 au 24 mars l’attaque la plus massive contre Beyrouth depuis le début de l’escalade, selon plusieurs médias, avec une dizaine de frappes recensées sur la capitale libanaise et ses abords. Tsahal a également visé un appartement près de Beyrouth, où deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées.

Les bombardements ne se sont pas limités à la capitale : plusieurs villes du sud du Liban ont aussi été frappées au cours de la nuit, confirmant l’extension de la pression militaire israélienne sur plusieurs secteurs du pays.

L’Iran affirme que 208 enfants ont été tués depuis le début des frappes

Le chef des services de secours iraniens, Jafar Miadfar, a affirmé ce 24 mars que les frappes menées contre l’Iran par les États-Unis et Israël avaient tué jusqu’ici 208 enfants, le plus jeune étant âgé de trois jours. Selon lui, 1 536 mineurs ont également été blessés depuis le début de la guerre, le 28 février.

L’Iran annonce l’arrestation de 30 personnes soupçonnées d’espionnage pour Israël et les États-Unis

Le ministère iranien du Renseignement a annoncé le 24 mars l’arrestation de 30 personnes dans plusieurs provinces du pays, accusées d’avoir transmis des informations sensibles aux services israéliens et américains. Selon les autorités iraniennes, ces suspects auraient notamment communiqué des coordonnées de sites militaires, de sécurité et de positions d’équipements dans les provinces de Hamadan, du Lorestan et de Kerman. Des terminaux Starlink, ainsi que des armes à feu et des armes blanches, auraient également été saisis.

Emmanuel Macron convoque un nouveau conseil de défense

Le président français réunira ce 24 mars à 17h30 un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale consacré à la situation en Iran et au Moyen-Orient, selon des informations confirmées par l’Élysée. Cette réunion doit rassembler les ministres et responsables chargés des questions de sécurité.

Ce nouveau conseil de défense illustre le suivi rapproché du dossier par l’exécutif français, déjà réuni à plusieurs reprises ces derniers jours.

Le pétrole repart à la hausse, le Brent repasse au-dessus des 100 dollars

Les cours du pétrole rebondissent nettement ce 24 mars, au lendemain d’une chute de plus de 10 % provoquée par l’annonce de Donald Trump d’un report de nouvelles frappes contre l’Iran et par ses déclarations sur de possibles discussions avec Téhéran.

Le baril de Brent est repassé au-dessus du seuil des 100 dollars, progressant jusqu’à 102,84 dollars selon un premier point de marché, puis à 103,90 dollars vers 03h20 GMT. Le WTI américain montait au même moment à 91,53 dollars.

Ce regain de tension sur les prix reflète la nervosité persistante des marchés face aux signaux contradictoires venus de Washington et de Téhéran.

Donald Trump a évoqué des « négociations » en cours avec un responsable iranien non identifié, mais le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a publiquement démenti tout échange avec les États-Unis, accusant Washington d’utiliser de « fausses informations » pour peser sur les marchés financiers et pétroliers.

L’Union européenne n’envisage pas de mission navale immédiate dans le détroit d’Ormuz

Bruxelles pourrait participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, mais seulement une fois les combats terminés, a indiqué Ursula von der Leyen lors de son déplacement en Australie. La présidente de la Commission européenne a aussi insisté sur les conséquences déjà visibles de la crise sur les prix de l’énergie, estimant qu’une issue négociée restait indispensable.

À ce stade, il n’est donc pas question d’un déploiement européen immédiat dans la zone. Cette position traduit la prudence des Européens face au risque d’escalade militaire, alors que la sécurité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz reste l’un des principaux sujets d’inquiétude de la crise.

De nouvelles infrastructures gazières iraniennes visées pendant la nuit

Plusieurs installations gazières ont été visées dans la nuit en Iran, selon l’agence iranienne Fars, qui fait état d’attaques contre des stations de distribution, notamment dans la région d’Ispahan, ainsi que contre un gazoduc alimentant une centrale à Khorramshahr, près de la frontière irakienne. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade, mais des dégâts matériels sont signalés sur les sites touchés et dans des habitations voisines.

Cette séquence intervient alors que la question d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes est au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, sur fond de menaces autour du détroit d’Ormuz et de signaux diplomatiques toujours contradictoires.

Certains pays du Golfe seraient prêts à s'impliquer plus directement contre l’Iran

L’Arabie saoudite serait de plus en plus proche d’une entrée plus visible dans le conflit contre l’Iran, selon The Wall Street Journal, qui affirme que Riyad a déjà autorisé les États-Unis à utiliser une base aérienne saoudienne après des attaques iraniennes contre des sites énergétiques et contre la capitale. Le journal évoque aussi des discussions en cours aux Émirats arabes unis sur un possible durcissement de leur position, y compris sur le plan militaire et économique.

À ce stade, ces informations reposent essentiellement sur des sources citées par la presse américaine et ne valent pas annonce officielle d’une entrée en guerre saoudienne. En revanche, le durcissement de Riyad est bien visible depuis plusieurs jours: le royaume a averti qu’il se réservait le droit de répondre militairement à l’Iran et a expulsé plusieurs membres de la mission iranienne. Plus largement, les monarchies du Golfe apparaissent de plus en plus exposées à une régionalisation du conflit.

Tel Aviv visée par un nouveau raid aérien, six blessés légers

Tel Aviv a été visée ce 24 mars matin par une nouvelle attaque iranienne, avec plusieurs explosions signalées après une alerte aux missiles. Selon les secours israéliens, six personnes ont été légèrement blessées sur quatre sites distincts. Un immeuble résidentiel de quatre étages a été endommagé, tandis qu’une explosion a provoqué un incendie et embrasé plusieurs véhicules.

La police israélienne a indiqué que ses équipes, appuyées par des démineurs, étaient déployées sur plusieurs points d’impact.