L’armée israélienne a franchi un nouveau seuil en visant directement des infrastructures stratégiques au Sud-Liban, notamment le pont de Qasmiyé, axe vital reliant Tyr à Saïda. Cette destruction, intervenue peu après des menaces explicites du ministre de la Défense Katz, s’inscrit dans une stratégie visant à isoler la zone au sud du Litani et entraver les mouvements du Hezbollah.
Beyrouth a vivement dénoncé une violation grave de sa souveraineté, le président Joseph Aoun évoquant un possible prélude à une offensive terrestre plus large. Parallèlement, les autorités israéliennes assument une doctrine de destruction systématique des villages frontaliers, inspirée des opérations menées à Gaza, notamment à Rafah et Beit Hanoun.
Des champs de ruines
Sur le terrain, des habitations ont été dynamitées dans plusieurs localités, tandis que les frappes aériennes et les bombardements d’artillerie se poursuivent à un rythme soutenu. Cette approche traduit une volonté d’imposer une « zone tampon » en profondeur, quitte à provoquer des destructions massives et des déplacements de population.
Face à cette pression, le Hezbollah continue d’opposer une résistance active. Des combats intenses ont été signalés à Khiam, Taybé et Naqoura, où le mouvement a revendiqué de nombreuses attaques contre des troupes et des blindés israéliens, y compris l’utilisation de roquettes et de drones. Malgré les avancées israéliennes, ces affrontements témoignent de la capacité du groupe à maintenir une pression militaire constante sur plusieurs fronts.
La situation humanitaire se dégrade rapidement. Plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats, et le bilan humain dépasse désormais le millier de morts. Les bombardements touchent de nombreuses localités du sud, transformant certaines zones en véritables champs de ruines. Dans ce contexte, les appels à une intervention internationale se multiplient, sans pour autant freiner l’escalade en cours.