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Trump presse ses alliés de l’aider à rouvrir le détroit d’Ormuz, l’Iran promet de poursuivre la guerre autant que nécessaire : les derniers développements

La guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël continue de s’étendre, avec le détroit d’Ormuz au centre du bras de fer. Donald Trump pousse ses alliés à participer à sa réouverture, alors que Téhéran promet de poursuivre la guerre autant que nécessaire et que les combats continuent dans le Golfe comme au Liban, sur fond de tensions énergétiques.

Lundi 16 mars

Pezechkian réaffirme à Macron que l’Iran « n’a pas déclenché la guerre »

Lors d’un échange avec Emmanuel Macron, le président iranien Massoud Pezechkian a affirmé que l’Iran « n’a pas commencé cette guerre brutale ». Dans une série de messages publiés sur X, il affirme que Téhéran exerce son « droit naturel à la défense face à une invasion ».

Pezechkian dénonce également l’utilisation de bases américaines dans la région contre l’Iran, estimant que ces actions visent à perturber les relations de Téhéran avec les pays voisins. Le président iranien assure que la République islamique « ne se soumettra pas aux intimidations » et appelle la communauté internationale à condamner « l’agression » et à contraindre les agresseurs à respecter le droit international. Selon lui, évoquer une fin de la guerre est « dépourvu de sens » tant que l’Iran n’aura pas la garantie que son territoire ne sera plus attaqué.

Téhéran accuse Washington et Israël d’avoir visé ses centrales électriques

Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis et Israël d’avoir frappé ce 16 mars des centrales électriques à Téhéran dans le but de priver la capitale de courant. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a affirmé que ces installations avaient été visées pour tenter de provoquer une panne généralisée dans la ville. Selon lui, les équipes iraniennes sont toutefois parvenues à rétablir l’alimentation électrique en moins de deux heures malgré les dégâts causés par l’attaque.

Trump juge la réponse de Macron sur Ormuz « pas parfaite »

Donald Trump a déclaré avoir échangé avec Emmanuel Macron au sujet de la coalition que Washington cherche à mettre sur pied pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Interrogé sur la position française, le président américain a jugé la réponse de son homologue « pas parfaite ».

« Sur une échelle de 1 à 10, il a été à 8. C’est la France, nous n’attendons pas la perfection », a-t-il lancé, dans une formule mêlant critique et ironie. Cette sortie intervient alors que Paris continue de garder ses distances avec l’idée d’une implication militaire accrue dans le détroit.

Israël dit avoir frappé le centre de commandement du renseignement iranien au cœur de Téhéran

L’armée israélienne affirme que son aviation a frappé un centre de commandement du renseignement iranien dans le centre de Téhéran. Dans son communiqué, Tsahal présente ce ministère comme le principal organe de renseignement de la République islamique. Cette annonce marque une nouvelle extension des frappes israéliennes vers des structures sensibles de l’appareil sécuritaire iranien au cœur même de la capitale.

L’UE refuse d’envoyer des navires dans le détroit d’Ormuz

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont refusé d’envoyer des navires militaires dans le détroit d’Ormuz, a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Selon elle, les États membres n’ont pas montré de volonté d’élargir à cette zone le mandat de la mission navale européenne Aspides, actuellement déployée en mer Rouge.

« Ce n’est pas notre guerre », a-t-elle affirmé à l’issue de la réunion des chefs de la diplomatie de l’UE. Kaja Kallas a cependant précisé que plusieurs États étaient favorables à un renforcement d’Aspides dans son périmètre actuel, mais pas à une extension de la mission vers Ormuz.

Trump reproche à certains alliés leur manque d’« enthousiasme » au sujet du détroit d'Ormuz

Donald Trump a reproché à plusieurs pays leur manque d’« enthousiasme » à l’idée de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Le président américain a répété qu’il ne pouvait pas laisser l’Iran utiliser cette voie maritime comme une « arme économique ».

Il a insisté sur le fait que certains alliés disposaient de capacités de déminage particulièrement utiles, et a rappelé que les États-Unis les protégeaient depuis des décennies. Cette sortie intervient alors que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne, ont fait savoir à Washington qu’ils n’envisageaient pas de déployer des navires de guerre dans le détroit.

Trump affirme que l’Iran a perdu l’essentiel de ses capacités de frappe

Donald Trump a affirmé que l’Iran n’avait plus « beaucoup de missiles » et que les tirs balistiques avaient diminué d’environ 90 %. Il a aussi assuré que les capacités de production iraniennes avaient été durement touchées et qu’il devenait désormais « très difficile » pour Téhéran de fabriquer de nouveaux armements. Selon lui, plus de 7 000 cibles ont déjà été frappées depuis le début de la campagne.

Le président américain a également répété que l’île iranienne de Kharg avait été « totalement détruite », à l’exception de la zone pétrolière, déjà présentée par Washington comme volontairement épargnée à ce stade.

Moscou appelle à un arrêt immédiat des combats et se dit prête à contribuer à un règlement durable

La Russie a appelé à une cessation immédiate des hostilités au Moyen-Orient et s’est dite prête à contribuer à un règlement durable et stable du conflit, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Moscou y accuse les États-Unis et Israël d’avoir déclenché, par une attaque « non provoquée » contre l’Iran, une spirale de violence sans issue visible dans la région.

Le ministère souligne que les parties doivent en priorité renoncer aux attaques contre les infrastructures civiles et mettre fin aux morts et aux souffrances des populations, aussi bien dans les pays arabes du Golfe qu’en Iran. Le communiqué insiste sur les conséquences régionales et mondiales du conflit, entre destructions, déstabilisation du Golfe et paralysie de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Téhéran appelle les pays musulmans à « choisir leur camp » 

Dans un message adressé « aux musulmans du monde entier et aux gouvernements des pays islamiques », Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et figure influente du pouvoir à Téhéran, affirme que l’Iran a opposé une résistance ferme à l’« agression américano-sioniste » et qu’il a placé ses adversaires dans une impasse stratégique. Il exhorte les États musulmans à sortir de leur neutralité et à choisir leur camp.

Le texte assure que Téhéran ne cherche pas à dominer le monde islamique, mais appelle à une unité régionale capable de garantir la sécurité, le progrès et l’indépendance des pays musulmans. Il critique aussi les États ayant permis l’utilisation de bases américaines sur leur sol pour attaquer l’Iran.

La réouverture du détroit d’Ormuz conditionnée à un changement d’ordre économique

L’agence iranienne Tasnim a présenté les conditions préalables à une réouverture du détroit d’Ormuz. Parmi elles figurent la levée garantie des sanctions, la restitution des avoirs gelés de l’Iran et le développement des échanges commerciaux hors dollar.

Selon l’agence, cette approche s’inscrit dans une stratégie de réorientation économique et diplomatique appuyée sur un rapprochement avec les puissances asiatiques.

Tasnim affirme aussi que Téhéran vise, à terme, un nouvel ordre régional fondé sur la coopération économique et sécuritaire entre pays du Moyen-Orient, en dehors du cadre imposé par l’Occident.

Téhéran accuse Zelensky de vouloir entraîner l’Ukraine dans le conflit avec l’Iran

Le ministère iranien des Affaires étrangères accuse Volodymyr Zelensky de chercher à entraîner l’Ukraine dans le conflit avec l’Iran après ses déclarations sur l’envoi de conseillers militaires au Moyen-Orient pour aider à contrer les drones iraniens.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a estimé qu’une telle implication reviendrait à faire de l’Ukraine une partie prenante de l’agression américaine et israélienne contre l’Iran. Il a ajouté que les Iraniens ne le « pardonneraient jamais » et que cela engagerait la responsabilité internationale de l’État ukrainien.

L’Iran vise Tel Aviv et des sites militaires israéliens lors d’une nouvelle vague de frappes

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé une 55e vague de frappes contre Israël, visant Tel Aviv, l’aéroport Ben-Gourion, des installations de production de l’entreprise Israel Aerospace Industries, ainsi que des centres liés à l’approvisionnement aérien en carburant.

Selon le CGRI, cette salve a été menée avec des missiles balistiques lourds et hypersoniques, ainsi qu’avec des drones offensifs. Cette opération s'inscrit dans une nouvelle étape de l'opération « Promesse sincère 4 », dirigée contre des cibles situées au cœur du dispositif militaire israélien.

Téhéran exclut toute trêve tant qu’une nouvelle attaque restera possible

L’Iran affirme qu’il n’acceptera jamais un cessez-le-feu tant qu’il existera un risque de nouvelles frappes américaines ou israéliennes. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a déclaré que Téhéran considérait toute trêve éventuelle comme susceptible d’être utilisée par Washington et Tel Aviv pour préparer de nouvelles attaques. Selon lui, l’Iran souhaite d’abord obtenir des garanties que les États-Unis et Israël ne replongeront pas le pays, et l’ensemble du Moyen-Orient, dans un nouveau conflit.

Téhéran réaffirme que le détroit d’Ormuz n’est pas fermé à tous les navires

L’Iran a de nouveau affirmé que le détroit d’Ormuz n’était pas fermé à l’ensemble du trafic maritime, mais seulement aux navires liés aux « agresseurs ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé que des bâtiments de plusieurs pays avaient pu traverser le détroit avec l’accord de Téhéran.

Selon lui, ces passages démontrent une approche « responsable » de la situation adoptée par Téhéran. Il a ajouté que la République islamique se réservait le droit de prendre les mesures qu’elle juge nécessaires pour garantir sa sécurité nationale et empêcher tout usage abusif de cette voie maritime par les agresseurs et leurs alliés.

Les autorités iraniennes font état de 12 enfants tués par les frappes israélo-américaines 

Douze enfants âgés d'entre 2 mois et 12 ans ont été tués dans la province de Téhéran par des frappes américaines et israéliennes, rapportent les autorités locales. Le chef des services de secours de la province, Mohammad Esmaïl Tavakolli, a indiqué que 503 personnes avaient été tuées et 5 700 autres blessées depuis le début des bombardements. Selon lui, la majorité des victimes sont des civils.

Téhéran affirme que les États-Unis ont frappé 9 500 cibles en dix jours, plus qu’en deux ans de guerre en Irak

Le gouverneur de la province de Téhéran, Mohammad Sadegh Motamedian, a affirmé que les États-Unis avaient frappé 9 500 cibles en Iran au cours des dix premiers jours de la guerre, contre 7 000 en deux ans de conflit en Irak.

Selon lui, plus de 40 % des attaques américaines et israéliennes ont visé la province de Téhéran. Il a également soutenu que la majorité des cibles touchées étaient des zones résidentielles et commerciales, ainsi que des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures de santé.

Israël annonce le début d’opérations terrestres dans le sud du Liban

L’armée israélienne a annoncé le lancement d’opérations terrestres « limitées » et « ciblées » dans le sud du Liban. Selon Tsahal, ces raids visent des positions présentées comme des points d’appui clés du Hezbollah dans les zones frontalières.

L’armée israélienne affirme que ces opérations ont commencé dans la soirée du 14 mars et qu’elles s’inscrivent dans un dispositif plus large destiné à renforcer sa ligne de défense avancée. Elle dit vouloir détruire les infrastructures et éliminer les combattants afin de créer une zone de sécurité supplémentaire pour les habitants du nord d’Israël.

Israël affirme avoir détruit à Téhéran l’avion utilisé par le Guide suprême iranien

L’armée israélienne affirme avoir détruit à l’aéroport de Mehrabad, à Téhéran, l’avion utilisé par le Guide suprême iranien. Selon Tsahal, l’appareil a été visé lors d’une frappe présentée comme ciblée contre un avion gouvernemental.

L’armée israélienne soutient que cet appareil était utilisé par l’ancien Guide suprême Ali Khamenei ainsi que par d’autres hauts responsables iraniens. L’aéroport de Mehrabad avait déjà été visé à plusieurs reprises ces derniers jours, Israël disant y avoir ciblé notamment des radars, des systèmes de défense antiaérienne et des avions militaires.

Trump envisagerait une opération terrestre pour s’emparer du terminal pétrolier iranien de Kharg

Donald Trump envisage la possibilité de prendre le contrôle d’infrastructures pétrolières stratégiques sur l’île iranienne de Kharg, selon Axios, qui cite des responsables américains. Une telle opération nécessiterait l’engagement de forces terrestres américaines.

D’après ces informations, l’objectif serait de priver Téhéran d’une part majeure de ses revenus pétroliers si les navires-citernes continuaient d’être bloqués dans le Golfe. Le média souligne toutefois qu’aucune décision n’a encore été prise.

L’Iran confirme son intention de poursuivre la guerre jusqu’à ce que Trump reconnaisse son erreur

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, prévient que l’Iran continuera de se battre tant que Donald Trump ne reconnaîtra pas avoir commis une erreur en lançant une agression contre la République islamique.

Dans un message publié sur X, le chef de la diplomatie iranienne a assuré que les forces armées iraniennes poursuivraient le combat jusqu’à ce que le président américain admette que cette guerre n’aurait jamais dû être déclenchée. Abbas Araghchi estime également que les victimes devraient être indemnisées.

Téhéran accuse Israël d’« écocide » après les bombardements de dépôts de carburant en Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé à punir Israël pour les bombardements de dépôts de carburant à Téhéran, qu’il qualifie de violation du droit international et d’« écocide ».

Selon le chef de la diplomatie iranienne, ces frappes exposent les habitants à des conséquences sanitaires durables et risquent d’entraîner une contamination des sols et des nappes phréatiques dont les effets pourraient se faire sentir sur plusieurs générations. Il affirme qu’Israël doit être puni pour ses « crimes de guerre ».

Trump assure que le dialogue se poursuit avec Téhéran, sans annoncer une éventuelle fin de l’opération

Donald Trump a affirmé que les États-Unis restaient en contact avec l’Iran et que la partie iranienne cherchait à conclure un accord. Le président américain a toutefois estimé que Téhéran ne montrait pas de disposition à satisfaire les exigences formulées par Washington. Il a également précisé que les États-Unis n’étaient pas, à ce stade, prêts à annoncer la date de fin de leur opération militaire contre l’Iran.

Starmer refuse d’envoyer des navires à Ormuz, Trump durcit encore la pression sur ses alliés

Le Premier ministre britannique Keir Starmer refuse d’envoyer des navires de guerre pour contribuer au rétablissement de la navigation dans le détroit d’Ormuz, malgré la demande de Donald Trump. Les journaux britanniques estiment que ce refus pourrait encore tendre les relations entre les deux dirigeants, déjà fragilisées par les reproches américains à Londres après les premières frappes contre l’Iran. En revanche, l’envoi de drones de déminage reste à l’étude au Royaume-Uni, une option que le ministre de l’Énergie Ed Miliband a confirmé être à l'examen.

Dans le même temps, Donald Trump a averti que l’OTAN pourrait connaître un « très mauvais avenir » si ses membres refusaient d’aider les États-Unis à rouvrir le détroit. Il appelle d'autres pays dépendants d’Ormuz pour leurs approvisionnements énergétiques à contribuer à l’effort. À ce stade, la France, l’Australie et le Japon ont refusé de participer, le Royaume-Uni reste réticent, et la Chine rejette toute implication militaire.