La guerre entre Israël et le Liban a franchi un nouveau seuil après l’annonce par le Hezbollah de son entrée dans un conflit ouvert. La réaction d’Israël ne s’est pas fait attendre : l’armée a lancé une série d’attaques aériennes dans plusieurs régions du pays, visant notamment plusieurs zones du Sud-Liban, de la plaine de la Bekaa ainsi que la banlieue sud de Beyrouth.
Pendant ce temps, la menace d’une offensive terrestre israélienne au Sud-Liban se précise. Des renforts militaires ont été déployés le long de la frontière et plusieurs avertissements ont été adressés à la population civile, notamment dans les zones situées au sud du fleuve Zahrani, où les habitants ont été appelés à évacuer leurs villages. Les autorités israéliennes évoquent des frappes contre des infrastructures libanaises, notamment les axes routiers et les ponts reliant le Sud du pays à la Bekaa, avant une éventuelle extension des opérations.
Face à cette escalade, les dirigeants libanais tentent de maintenir une voie diplomatique. Des discussions sont en cours à Beyrouth pour constituer une délégation de négociation représentant l’ensemble des institutions et des composantes politiques du pays. Plusieurs personnalités sont évoquées, issues des principales communautés, tandis que l’idée d’intégrer des experts militaires et des spécialistes des questions frontalières est également étudiée. Le Liban a par ailleurs proposé que d’éventuelles négociations se tiennent à Chypres.
Le projet défendu par Beyrouth prévoit un cessez-le-feu d’un mois afin de permettre la mise en œuvre d’un plan visant à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Ce plan inclurait notamment l’accès de l’armée libanaise à certains sites contrôlés par le Hezbollah, y compris dans la banlieue sud de la capitale. Les responsables libanais estiment qu’une telle démarche ne peut être engagée que dans un contexte d’accalmie militaire.
Cependant, selon plusieurs sources diplomatiques, ni Israël ni les États-Unis n’ont pour l’instant donné de réponse positive à cette proposition. Washington et Tel Aviv exigent le désarmement total du Hezbollah, estimant que les engagements pris lors d’accords précédents n’ont pas été pleinement appliqués.
De son côté, le Hezbollah considère que les conditions imposées au Liban pourraient entraîner sa marginalisation politique et refuse pour l’heure toute concession majeure. Le mouvement affirme vouloir poursuivre la résistance tout en coordonnant sa stratégie avec l'Iran, qui évoque la possibilité d’un élargissement du conflit régional, notamment par l’activation d’autres fronts et par des pressions sur des axes stratégiques comme Bab el-Mandeb.