Une équipe de chercheurs a tenté de reconstituer le langage perdu d'une espèce humaine disparue, rapporte le Daily Mail le 9 mars. Des simulations mises au point par ces spécialistes ont révélé à quoi pourrait ressembler la langue de nos lointains ancêtres et la manière dont ils auraient pu communiquer entre eux.
L’homme de Néandertal (Homo neanderthalensis), l'un de nos plus récents parents humains, aurait côtoyé Homo sapiens pendant plusieurs milliers d'années. Des preuves archéologiques indiquent une relative fréquence des rencontres entre les deux espèces, expliquant d’ailleurs aujourd’hui la présence de gènes néandertaliens chez certaines populations humaines. Mais, en raison de différences physiologiques entre les Néandertaliens et les humains modernes, les voix de cette espèce ancienne ne ressembleraient pas tout à fait à la nôtre, expliquent les chercheurs.
Les voix des anciens humains imaginées « prudemment »
Les reconstitutions ont été menées par la Dre Amélie Vialet, paléoanthropologue au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, en collaboration avec Radio France et plusieurs chercheurs.
Les scientifiques ont analysé des fossiles afin de déterminer la forme probable des organes impliqués dans la production de la parole. Même si les tissus mous — comme la langue ou le larynx — ne se conservent pas, leurs empreintes peuvent être partiellement déduites à partir des structures osseuses.
À partir de ces données, les chercheurs ont élaboré des modèles biomécaniques permettant d’estimer les sons que ces anciens humains pouvaient produire.
Les Néandertaliens auraient eu une voix plutôt nasillarde
Selon le préhistorien Steven Mithen, de l’université de Reading, les Néandertaliens auraient probablement eu une voix plus nasillarde que celle des humains modernes, notamment en raison de leur grande cavité nasale. En revanche, leur large cage thoracique et leur capacité pulmonaire auraient pu leur permettre de parler plus fort et plus longtemps.
Certains chercheurs estiment également que les Néandertaliens utilisaient des consonnes occlusives — comme « P », « T » ou « B » — plus puissantes.
Malgré leurs différences anatomiques, les scientifiques jugent plausible qu’un certain niveau de communication ait existé entre Néandertaliens et Homo sapiens, à l’aide de gestes, d’expressions faciales et peut-être même d’emprunts linguistiques.