Le président syrien Ahmed al-Chareh a affiché le 9 mars son soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts pour désarmer le Hezbollah, dans un contexte de guerre régionale qui fragilise davantage le Liban.
Lors d’une visioconférence avec des responsables européens, le chef de l’État syrien a déclaré se tenir aux côtés du président libanais Joseph Aoun dans sa volonté de limiter l’influence militaire du mouvement chiite, accusé d’avoir entraîné le Liban dans l’escalade en tirant des missiles contre Israël début mars.
Un tir de projectile qui ravive les tensions
Cette prise de position s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre le nouveau pouvoir syrien et le Hezbollah. Le mouvement libanais avait été l’un des principaux soutiens militaires de l’ancien président syrien Bachar el-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste désormais au pouvoir à Damas. Le nouveau leadership syrien, perçu comme nettement plus proche des États-Unis et hostile à l’influence iranienne dans la région, considère désormais le Hezbollah comme un facteur d’instabilité.
Dans ce contexte, l’armée syrienne a renforcé ces derniers jours sa présence le long des frontières avec le Liban et l’Irak afin d’éviter tout débordement du conflit régional. Damas affirme vouloir empêcher l’utilisation de son territoire par des groupes armés transfrontaliers et limiter les réseaux de contrebande qui permettaient auparavant au Hezbollah de s’approvisionner en armes depuis la Syrie.
Les tensions ont encore franchi un cap lundi soir lorsque l’armée syrienne a accusé le Hezbollah d’avoir tiré des missiles près de positions militaires dans la région de Serghaya, à l’ouest de Damas. Selon l’agence officielle Sana, des renforts du mouvement chiite auraient également été observés à proximité de la frontière syro-libanaise. Face à cette situation, Damas a indiqué avoir pris contact avec l’armée libanaise pour examiner les options possibles afin de contenir l’incident et éviter une confrontation directe.
Cette évolution illustre la rupture profonde entre la Syrie post-Assad et le Hezbollah, alors même que le Liban est plongé dans une guerre régionale qui redéfinit les équilibres politiques et militaires du Levant.