La confrontation psychologique entre États-Unis et Iran s’intensifie, oscillant entre ouvertures diplomatiques et signaux militaires inquiétants. À l’issue du deuxième cycle de discussions organisé à Genève le 17 février, les deux camps ont évoqué des avancées prudentes, tout en reconnaissant que des divergences majeures demeuraient.
Quelques heures plus tard, Téhéran annonçait toutefois une fermeture partielle du détroit d’Ormuz dans le cadre d’exercices militaires, rappelant que la pression stratégique restait au cœur du rapport de force.
Du côté américain, le ton s’est rapidement durci. Le vice-président JD Vance a souligné que certaines exigences fixées par Donald Trump restaient inacceptables pour les autorités iraniennes, affirmant que l’ensemble des options demeurait envisageable. Dans le même temps, plusieurs fuites évoquent la possibilité d’une confrontation militaire plus proche qu’attendu, tandis que le Pentagone préparerait des scénarios de conflit pouvant durer plusieurs semaines.
Vers une guerre totale ?
Face à cette impasse, Washington semble hésiter entre deux stratégies. La première consisterait à conclure un accord limité au nucléaire. Un compromis pourrait reposer sur un gel temporaire de l’enrichissement d’uranium iranien, accompagné d’un contrôle renforcé par l’Agence internationale de l’énergie atomique et d’un allègement progressif des sanctions.
Une telle solution permettrait à l’administration américaine d’éviter une escalade régionale tout en revendiquant un succès diplomatique.
L’autre scénario serait celui d’une confrontation ouverte visant à contraindre la République islamique à céder sur l’ensemble de ses leviers de puissance. Or une campagne limitée de frappes ciblées aurait peu de chances d’atteindre des objectifs décisifs. Une guerre plus longue impliquerait alors des attaques contre des infrastructures militaires, énergétiques et logistiques, avec des conséquences régionales difficiles à maîtriser.
Car une escalade comporterait des risques majeurs : réactions des groupes alliés de Téhéran, menaces sur les bases américaines du Golfe ou perturbation durable du trafic maritime mondial. À mesure que les préparatifs militaires s’intensifient, la diplomatie apparaît ainsi suspendue à un équilibre fragile, où chaque geste de négociation s’accompagne d’un message de dissuasion.