Téhéran aurait proposé de suspendre temporairement l’enrichissement de son uranium et d’exporter une partie de ses stocks à l’étranger afin de débloquer les négociations avec les États-Unis. Des sources diplomatiques américaines, iraniennes et régionales indiquent que l’Iran serait disposé à transférer une partie de son uranium hautement enrichi vers un pays tiers « tel que la Russie ».
Les responsables iraniens ont évoqué une suspension pouvant aller jusqu’à trois ans. Cette pause pourrait s’inscrire dans un futur accord plus large sur le dossier nucléaire.
Le Wall Street Journal souligne également qu’une grande partie des stocks iraniens serait actuellement enfouie sous les décombres des installations nucléaires frappées en juin 2025 par les États-Unis et Israël. Ces frappes ont endommagé les principales infrastructures du pays.
Des discussions à Genève sous pression
Les délégations iranienne et américaine se sont rencontrées le 17 février à Genève, sous médiation omanaise. La délégation iranienne était dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tandis que l’équipe américaine était conduite par l’envoyé spécial du président américain Steve Witkoff.
À l’issue des échanges, Araghchi a déclaré que le deuxième cycle de discussions s’était déroulé dans une atmosphère « plus constructive », tout en reconnaissant que parvenir à un accord complet demanderait encore du temps.
Par ailleurs, le Wall Street Journal rapporte que l’Iran a proposé la création d’un consortium régional chargé de produire des plaques de combustible destinées à un usage civil. Toutefois, Washington refuse que ce processus reste sur le territoire iranien, considérant ce point comme non négociable.
Dans le même temps, le président américain Donald Trump a réaffirmé sa volonté d’obtenir un arrêt total du programme nucléaire iranien. « Je ne pense pas qu’ils veulent les conséquences d'une absence d’accord », a-t-il déclaré. Les États-Unis ont parallèlement renforcé leur dispositif militaire au Moyen-Orient, accentuant la pression autour des négociations.
Moscou se positionne comme acteur de stabilisation
Face à ces tensions, la Russie a confirmé sa disponibilité pour contribuer à une solution. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué que Moscou était prête à accepter l’uranium iranien si Téhéran en formulait la demande, comme cela avait déjà été fait en 2015 dans le cadre d’un accord international.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a souligné que cette option restait « sur la table », tout en rappelant que « les stocks appartiennent à l’Iran ».
Ainsi, les propositions iraniennes s’inscrivent dans une démarche visant à préserver les droits souverains du pays tout en cherchant à éviter une nouvelle escalade. Dans ce cadre, l’expérience russe dans la gestion technique de tels mécanismes pourrait jouer un rôle pour stabiliser la situation et relancer un dialogue structuré.