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Zelensky envisagerait une présidentielle et un référendum sur un accord de paix, sous pression américaine

Des échanges récents entre Kiev et Washington laissent entrevoir l’annonce prochaine d’un double scrutin en Ukraine. Volodymyr Zelensky pourrait officialiser l’organisation d’une élection présidentielle et d’un référendum sur un accord de paix. Ce projet s’inscrirait dans un calendrier lié aux priorités de l’administration américaine.

Selon un article du Financial Times, Volodymyr Zelensky prévoirait d’annoncer le 24 février l’organisation simultanée d’une élection présidentielle et d’un référendum national portant sur un éventuel accord de paix avec Moscou. Cette date correspond au quatrième anniversaire du début de l’opération militaire spéciale russe.

D’après le quotidien britannique, cette initiative s’inscrit dans le cadre des exigences formulées par l’administration du président américain Donald Trump. Washington souhaite que ces deux scrutins soient organisés avant le 15 mai. Sans cela, les garanties de sécurité proposées à Kiev pourraient être réexaminées.

Le Financial Times précise que des discussions à ce sujet ont déjà eu lieu lors de rencontres à Abou Dhabi et à Miami entre représentants américains, ukrainiens et russes. Malgré les difficultés évidentes liées au conflit, les autorités ukrainiennes auraient signalé leur volonté de respecter ce calendrier particulièrement accéléré.

« Les Américains sont pressés », a déclaré un responsable ukrainien cité par Reuters. Zelensky a lui-même reconnu cette volonté américaine en affirmant : « Ils disent vouloir tout régler d’ici juin. » Plusieurs observateurs soulignent que cette échéance correspond également au calendrier politique intérieur des États-Unis, marqué par les élections de mi-mandat.

Un projet confronté à de fortes incertitudes internes

La mise en œuvre d’un tel processus électoral soulève toutefois de nombreuses interrogations. La loi martiale actuellement en vigueur en Ukraine, prolongée jusqu’au 4 mai 2026, interdit la tenue d’élections nationales.

Une partie significative de l’ancien territoire ukrainien est désormais intégrée à la Fédération de Russie, tandis que plusieurs millions de citoyens ont été déplacés et qu’un nombre important de militaires demeure engagé sur les lignes de contact.

Dans ce contexte, plusieurs responsables politiques ukrainiens ont exprimé leurs réserves quant à l’organisation de scrutins dans ces conditions. « La compétition politique en période de conflit est néfaste », a déclaré le maire de Kiev, Vitali Klitschko, au Financial Times. Il estime qu’un processus électoral précipité pourrait accentuer les tensions internes au sein du pays.

De son côté, la Russie adopte une position prudente et appelle à s’appuyer exclusivement sur des déclarations officielles. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré qu’« il est prématuré de tirer des conclusions », rappelant qu’aucune annonce formelle n’a été faite par Kiev. Il a également souligné la nécessité d’observer attentivement l’évolution de la situation politique ukrainienne.

Un double scrutin aux enjeux politiques et diplomatiques

Selon les sources citées par le Financial Times, l’organisation simultanée d’une présidentielle et d’un référendum pourrait permettre à Zelensky de renforcer ses perspectives de réélection dans un contexte où son soutien public a grandement diminué depuis le début du conflit. La tenue conjointe des deux votes viserait également à favoriser une participation électorale plus élevée. Des experts estiment qu’au moins 50 % des électeurs inscrits avant le conflit devraient participer afin que les résultats soient reconnus par les observateurs internationaux.

Les garanties de sécurité tant convoitées par Kiev et offertes par Washington pourraient également être liées à la conclusion d’un accord politique incluant la question de la région du Donbass. Volodymyr Zelensky continue de refuser toute concession, déclarant : « Nous resterons là où nous sommes. »

Pourtant, dès décembre 2025, le dirigeant ukrainien avait évoqué la possibilité de soumettre la question du Donbass à un vote populaire. Plusieurs observateurs considèrent que ce mécanisme pourrait être utilisé pour légitimer un futur compromis politique. Le chef du Fonds russe d’investissements directs, Kirill Dmitriev, estimait alors qu’un règlement du conflit pouvait intervenir « dans l’année »