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Donald Trump qualifie de «loser» un skieur américain aux Jeux d’hiver de Milan 2026, opposé à sa politique

Aux Jeux olympiques d’hiver de Milan, les divisions politiques américaines ont franchi la frontière du sport. Après avoir exprimé des réserves sur le fait de représenter son pays dans le climat actuel, le skieur américain Hunter Hess a été publiquement visé par Donald Trump, qui l’a traité de «loser» dans un message publié sur Truth Social.

Hunter Hess, skieur freestyle originaire de l’Oregon, a déclenché une vive controverse dès l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Milan-Cortina. Interrogé en conférence de presse sur ce que cela signifiait de représenter les États-Unis dans le climat actuel, il a évoqué des « émotions mitigées » et déclaré : « Porter le drapeau ne signifie pas que je soutiens tout ce qui se passe aux États-Unis ».

Des propos qui ont provoqué une réaction immédiate du président américain Donald Trump. Sur sa plateforme Truth Social, il a écrit : « Le skieur olympique américain Hunter Hess, un véritable loser, affirme qu’il ne représente pas son pays lors des Jeux actuels. Dans ce cas, il n’aurait pas dû se qualifier dans l’équipe. C’est dommage qu’il en fasse partie. Très difficile d’encourager quelqu’un comme lui. MAGA ! ».

Hess a ensuite précisé qu’il se sentait surtout engagé envers ses proches et les valeurs positives qu’il associe encore à son pays. « Je représente les bonnes choses de l’Amérique, pas forcément tout ce qu’elle fait aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Soutiens, tensions et attaques politiques

D’autres athlètes américains ont apporté leur soutien à Hess. Chris Lillis, également membre de l’équipe de ski freestyle, a exprimé sa solidarité : « J’ai le cœur brisé par ce qui se passe aux États-Unis. Nous devons respecter les droits de chacun ». Amber Glenn, patineuse artistique, a quant à elle décidé de quitter temporairement les réseaux sociaux après avoir été ciblée par des messages haineux suite à ses propres prises de position.

Le Comité olympique et paralympique des États-Unis a réagi en assurant sa protection à l’ensemble de l’équipe : « Notre priorité est la protection des membres de l’équipe des États-Unis. Nous restons engagés envers leur sécurité et leur bien-être », a déclaré un porte-parole.

Mais la critique présidentielle a également été relayée et amplifiée par plusieurs figures proches du pouvoir. Monica Crowley, chef du protocole de la Maison Blanche, a lancé : « Représentez l’Amérique avec fierté ou partez. » Le représentant républicain Tim Burchett a, lui, conseillé à Hess de « se taire et d’aller skier ». Le sénateur indépendant Bernie Sanders a déclaré : « Ce pays n’est pas une monarchie. Personne n’a à s’incliner devant le président ».

Jeux sous tension et image fragilisée

L’affaire Hess illustre plus largement les divisions internes que traverse actuellement la société américaine. Les Jeux de Milan, prévus jusqu’au 22 février, deviennent peu à peu le théâtre d’une exposition involontaire de ces tensions. L’annonce de la présence d'agents du ICE et du Homeland Security à titre consultatif a provoqué des manifestations en Italie. Selon l’ambassadeur américain à Rome, ces agents n’ont « aucune mission de patrouille ni de pouvoir d’intervention ».

Dans ce climat délicat, Hunter Hess, inscrit à l’épreuve du halfpipe masculin prévue le 19 février, a choisi de ne pas répondre publiquement aux propos de Donald Trump. Son entourage a indiqué qu’aucune réaction ne serait faite dans l’immédiat.