Les Jeux olympiques d’hiver 2026, qui ouvriront officiellement le 6 février à Milan-Cortina, se préparent dans une atmosphère tendue. Au cœur des préoccupations : l’Arena Santagiulia, principale patinoire de hockey sur glace, qui n'est toujours pas prête. Située en périphérie de Milan, cette salle de 15 000 places n’a été inaugurée que le 11 janvier, avec un mois de retard. Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux au sein du Comité international olympique (CIO), a reconnu devant la presse qu’« il reste encore du travail », notamment sur la peinture et la moquette.
À ces retards s’ajoutent ceux du téléphérique de Cortina, censé transporter les spectateurs vers les sites de montagne. La structure n’est toujours pas opérationnelle et les tests de sécurité ne sont prévus que quelques jours avant l’ouverture. L’agence Simico, chargée du projet, admet qu’en cas d’imprévu, « l’ouverture sera repoussée de quelques jours ».
Sécurité contestée et scandales
Les questions de sécurité alimentent également la polémique. La présence annoncée d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), une unité de la police fédérale migratoire américaine, a provoqué une vague de protestations en Italie. Plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Milan pour dénoncer cette intervention étrangère. L’ICE, dont les méthodes brutales sous l’administration Trump sont bien connues, est mal perçue par une partie de la communauté internationale.
Interrogée sur ce point, la présidente du CIO Kirsty Coventry a qualifié ces polémiques de « tristes distractions ». La Zimbabwéenne a également dû répondre à des questions concernant Casey Wasserman, président du comité d’organisation des Jeux de Los Angeles 2028, dont le nom apparaît dans des échanges de courriels avec Ghislaine Maxwell datant de 2003. Ces correspondances figurent dans les documents récemment publiés dans le cadre de l’enquête Epstein. Coventry a préféré minimiser l’affaire, estimant que « ce n’est pas au CIO de commenter ».
Absence de la Russie et dépenses en hausse
Sur le plan sportif et diplomatique, l’événement se déroule dans un contexte encore plus particulier. Treize athlètes russes sont autorisés à concourir, sous statut neutre, et ne pourront assister à la cérémonie d’ouverture qu’en tant que simples spectateurs. Le CIO a par ailleurs averti les sportifs ukrainiens de ne pas utiliser les Jeux comme tribune pour des actions politiques contre la Russie.
Les organisateurs italiens font aussi face à une envolée des coûts. Pour compenser le manque de neige, trois millions de mètres cubes de neige artificielle ont été commandés, hors budget initial. La piste de bobsleigh, annoncée à moindre coût, a finalement coûté 120 millions d’euros. La patinoire Santagiulia est passée de 300 à 360 millions d’euros. Les économies promises n’ont pas été réalisées, malgré l’implication du secteur privé.
Du côté touristique, la demande reste modérée. Les agences signalent deux fois moins de réservations qu’à Paris 2024. En cause : une organisation très étendue géographiquement, avec près de 500 kilomètres entre Milan et Cortina d’Ampezzo. L’éclatement des sites, combiné aux retards d’infrastructures comme le téléphérique encore inachevé, complique les déplacements.