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Washington et Téhéran tout près d'un compromis : la diplomatie pour conjurer la guerre

Des médiations menées par Moscou, Ankara et Doha ont permis d’ouvrir la voie à des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Un accord global, incluant le nucléaire, les missiles et les équilibres régionaux, est à l’étude malgré de fortes résistances. Si le processus aboutit, il pourrait transformer les rapports de force au Moyen-Orient.

Après des mois de fortes tensions, une intense séquence diplomatique menée en coulisses par Moscou, Ankara et Doha a permis de poser les bases d’un cadre global de négociation entre les États-Unis et l’Iran. L’objectif est clair : éviter une conflagration régionale dont les conséquences seraient incontrôlables.

Ces efforts ont contribué à repousser, voire à neutraliser, l’option militaire à court terme, sans pour autant l’écarter totalement, Donald Trump laissant planer une ambiguïté stratégique nourrie par les déploiements américains et les pressions israéliennes.

L'inquiétude d'Israël

Un premier jalon majeur pourrait être franchi avec la préparation de contacts directs entre Washington et Téhéran. Une rencontre virtuelle entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezechkian est envisagée, tandis que des discussions techniques doivent se tenir en Turquie entre l’émissaire américain Steve Witkoff et une délégation iranienne. Doha a joué un rôle décisif en convainquant l’Iran d’accepter le principe de négociations directes, tandis qu’Ankara a œuvré pour élargir le dialogue au-delà du seul dossier nucléaire.

Au cœur du dispositif iranien, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, apparaît comme l’architecte clé de cette phase. Proche du guide suprême et doté d’un réseau international dense, il détient désormais la décision d’ouvrir ou non la voie à un compromis stratégique avec Washington. Ses récents signaux, relayés après une visite en Russie, suggèrent des avancées réelles vers un accord-cadre.

Le Qatar, de son côté, propose une approche globale : limitation stricte du programme nucléaire iranien à des fins civiles, négociations directes avec les États-Unis et intégration des dossiers régionaux et internes. Moscou avance une solution technique sur l’enrichissement de l’uranium, en le transférant hors d’Iran sous supervision russe, tandis que Washington exige des garanties sur les missiles balistiques, point le plus sensible pour Téhéran.

Ces discussions inquiètent Israël. Le chef d’état-major israélien a effectué une visite à Washington afin de plaider en faveur d’une intervention militaire majeure contre l’Iran, qu’il considère comme une opportunité stratégique rare pour affaiblir, voire faire tomber, le gouvernement de Téhéran. À mesure que les discussions diplomatiques avancent, l’inquiétude grandit à Tel Aviv, au point que Benjamin Netanyahou pourrait chercher à rencontrer de nouveau Donald Trump pour tenter de réorienter la position américaine.