L’Arabie saoudite a clairement indiqué qu’elle n’autoriserait ni l’utilisation de son espace aérien ni celle de son territoire pour une éventuelle opération militaire américaine contre l’Iran. Cette position, annoncée le 27 janvier, s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran. Elle fait écho à une déclaration similaire publiée la veille par les Émirats arabes unis, renforçant l’image d’un front du Golfe soucieux de se tenir à distance d’une escalade militaire.
Pour l’administration Trump, qui cherche à accentuer la pression sur la République islamique, cette double prise de position constitue un revers diplomatique. Le message saoudien a été personnellement transmis par le prince héritier Mohammed ben Salmane lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezechkian. Selon le compte rendu officiel, le dirigeant de facto du royaume a insisté sur le refus catégorique de Riyad d’être impliqué dans toute action armée visant l’Iran.
D'autres options militaires pour Washington ?
Cette prudence s’explique par la crainte d’être entraînées dans un conflit régional aux conséquences imprévisibles. L’attaque contre les installations pétrolières saoudiennes en 2019, attribuée à l’Iran ou à ses alliés, reste un traumatisme majeur pour le royaume. Si un Iran affaibli peut servir les intérêts des monarchies du Golfe, celles-ci redoutent avant tout des représailles directes et une déstabilisation durable de la région, notamment via les Houthis au Yémen ou le soutien à Téhéran d'autres milices.
Sur le plan militaire, d’anciens responsables américains estiment que ces refus compliquent la planification d’une frappe sans la rendre impossible. Ils augmentent les contraintes opérationnelles et les coûts politiques, tout en réduisant la pression exercée sur Téhéran.
Les États-Unis disposent néanmoins d’autres leviers, notamment leurs forces navales déployées au Moyen-Orient, des chasseurs stationnés en Jordanie et des bombardiers à longue portée pouvant opérer depuis le territoire américain ou la base de Diego Garcia. Cette configuration renforcerait toutefois le caractère strictement américain d’une éventuelle opération, au détriment d’une large coalition régionale.