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Le pari diplomatique arabe du Liban face aux tensions régionales

Le Liban privilégie la diplomatie pour contenir l’escalade israélienne et avancer sur le dossier des armes. L’Égypte et le Qatar jouent un rôle clé pour offrir une couverture politique arabe à Beyrouth. Le renforcement de l’armée libanaise reste au cœur de cette stratégie.

Sous pression croissante des États-Unis et alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent et se multiplient, le Liban s’efforce d’éviter une nouvelle escalade en misant résolument sur la voie diplomatique. Beyrouth cherche à bâtir une position arabe concertée capable de lui offrir une couverture politique suffisante, à la fois pour dialoguer avec Washington et pour accentuer la pression sur Israël.

Dans cette stratégie, l’Égypte et le Qatar apparaissent comme des acteurs centraux, tandis que les autorités libanaises s’attachent à préserver une cohésion interne afin d’éviter toute confrontation ouverte avec le Hezbollah.

Le Caire a relancé ses initiatives en amont du Forum économique mondial de Davos, à travers des échanges entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son homologue libanais Joseph Aoun. Ce dernier a sollicité l’appui de l’Égypte pour transmettre à Donald Trump l’engagement de Beyrouth à avancer sur le dossier sensible du monopole des armes.

L'aide financière du Qatar

Selon la présidence libanaise, l’armée a achevé une première phase de déploiement au sud du Litani et se dit prête à poursuivre, à condition de bénéficier d’un allègement des pressions israéliennes et d’un soutien logistique accru. Lors de son entretien avec le président américain, le chef d'État égyptien a plaidé pour un arrêt des frappes israéliennes, en contrepartie d’une poursuite des négociations sécuritaires et politiques par le Liban.

Parallèlement, le Qatar intensifie son implication. La visite à Beyrouth du ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammad ben Abdel Aziz al-Khulaïfi, s’inscrit dans une démarche visant à renforcer l’unité nationale et à favoriser une vision commune de sortie de crise. Doha, qui entretient des canaux avec l’ensemble des acteurs libanais, y compris le Hezbollah, se dit prêt à jouer un rôle de médiateur et à accroître son aide à l’armée, avec des contributions financières susceptibles d’atteindre 300 millions de dollars par an. Le soutien qatari couvre également la reconstruction, les infrastructures, l’énergie et le dossier des réfugiés syriens.

Au-delà des initiatives bilatérales, Beyrouth espère une coordination étroite entre l’Égypte, le Qatar et l’Arabie saoudite afin de constituer un véritable « parapluie arabe ». Cette synergie est jugée indispensable pour contenir l’escalade israélienne et la pression américaine. Les prochaines semaines seront décisives, notamment avec la visite prévue du commandant de l’armée libanaise à Washington, où il doit présenter l’état d’avancement du plan sécuritaire et les besoins de la troupe pour en assurer la poursuite.