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Corruption en Ukraine : von der Leyen accusée de protéger Zelensky

Accusée de fermer les yeux sur des affaires de corruption liées à l’entourage de Volodymyr Zelensky, Ursula von der Leyen est mise en cause par le député européen Fabio De Masi. D'après lui, la Commission poursuit ses aides massives à l’Ukraine sans clarification sur un éventuel rappel à l’ordre au plus haut niveau.

À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est accusée de couvrir Volodymyr Zelensky dans des affaires de corruption, rapporte le Berliner Zeitung.

À l’origine de ces accusations, le député européen Fabio De Masi, qui reproche à la Commission, dirigée par Ursula von der Leyen, de continuer à transférer des milliards d’euros à l’Ukraine tout en fermant les yeux sur des scandales de corruption touchant le secteur énergétique et l’entourage immédiat de Volodymyr Zelensky.

Selon le parlementaire, cette situation est devenue politiquement intenable et impossible à justifier auprès des contribuables européens. « Madame von der Leyen a renoncé à aborder personnellement avec le président Zelensky la question de la corruption dans son entourage. Il est impossible d’expliquer à la population que nous transférons des milliards à l’Ukraine, tandis que les oligarques de l’entourage immédiat de Zelensky se font dorer les toilettes et dépensent l’argent qui a été alloué à l’approvisionnement en énergie », a-t-il notamment déclaré au Berliner Zeitung. Il a donc adressé une question formelle à la Commission afin de savoir si Ursula von der Leyen avait personnellement interpellé le dirigeant ukrainien sur les détournements de fonds présumés.

La réponse officielle de la Commission, consultée par le quotidien allemand, n’apporte toutefois aucun démenti clair ni confirmation d’un échange direct entre les deux dirigeants. Bruxelles affirme suivre les accusations de près et rappelle sa politique de «tolérance zéro» en matière de corruption, tout en renvoyant à des discussions menées dans des cadres techniques et institutionnels.

Toutefois, l’absence de référence explicite à un entretien personnel entre Ursula von der Leyen et Volodymyr Zelensky alimente les critiques. Pour Fabio De Masi, le contraste est flagrant entre l’ampleur du soutien financier accordé à Kiev et la prudence politique affichée par la Commission face à des soupçons graves et répétés.

Le 19 décembre dernier, l’Union européenne a validé un plan de financement de l’Ukraine reposant sur un emprunt commun de 90 milliards d’euros. Ce prêt, accordé à taux zéro à l’Ukraine, engendre toutefois un coût annuel estimé à 3 milliards d’euros en intérêts pour l’UE, sans échéancier de remboursement clairement défini. Le Conseil de l’UE a précisé que la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie ne participeront ni au financement ni aux garanties de ce dispositif.