La 21e édition du rapport du Forum économique mondial, qui analyse les risques sur des horizons à court (2026), moyen (2028) et long terme (2036), met en lumière un monde marqué par l’instabilité. Avec 50 % des répondants anticipant des perspectives turbulentes à deux ans, et 57 % à dix ans, le document alerte sur l’érosion de la coopération internationale.
Dans ce rapport 2026, l’incertitude domine, avec seulement 1 % des experts prévoyant un calme mondial. La confrontation géoéconomique, désignée comme le risque majeur par 18 % des répondants, grimpe en tête, surpassant les conflits armés (14 %).
Ce risque, exacerbé par le protectionnisme et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement, menace la stabilité économique. Les risques économiques s’intensifient : la crise économique et l’inflation montent dans les classements, tandis que l’éclatement de bulles spéculatives inquiète.
Sur le plan technologique, la désinformation, la cybersécurité et les effets négatifs de l’IA émergent comme des préoccupations majeures, passant de la 30e à la 5e place sur dix ans. Le rapport examine ces interconnexions à travers six thèmes, alertant sur une ère de compétition où la coopération s’effrite.
Sur X, l’analyste Bachar El-Halabi commente : « Ce n’est pas un rapport sur les “risques”. C’est une admission que la compétition a remplacé la coopération comme principe organisateur de l’ordre mondial, tandis que la capacité du monde à gérer les crises superposées diminue. »
Le document compare aussi la situation à celle des années précédentes : les inquiétudes à court terme augmentent de 14 points, mais une légère amélioration à long terme est notée. Dans un paysage mondial conflictuel, le WEF appelle à équilibrer crises immédiates et priorités durables, soulignant les menaces liées à la dette, aux bulles économiques et à la gouvernance technologique.
Ce rapport marque ainsi une rupture avec les précédents pour le WEF, fondé en 1971 par Klaus Schwab, qui a démissionné en 2025 après des accusations de manquements éthiques et financiers. Connue pour sa philosophie progressiste reposant sur le capitalisme, la « machine de Davos » semble désormais composer avec un monde devenu résolument multipolaire.