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Menaces d’escalade : le spectre d’une intervention américaine en Iran inquiète le Moyen-Orient

Alors que Washington ajuste son dispositif militaire dans le Golfe et que Téhéran agite la menace de représailles, les pays de la région et la Turquie multiplient les appels à la désescalade, redoutant un conflit aux conséquences régionales majeures.

« L’aide est en route », a écrit le président Donald Trump sur Truth Social, un message perçu à Téhéran comme une incitation explicite au renversement du gouvernement. Si la nature exacte d’une éventuelle frappe reste floue, cette rhétorique suffit à faire monter la tension dans une région déjà fragilisée.

Les autorités iraniennes ont averti qu’une attaque américaine entraînerait une riposte immédiate, visant notamment les bases militaires américaines disséminées dans le Golfe. Washington, qui dispose d’installations stratégiques au Qatar, à Bahreïn, en Arabie saoudite ou encore au Koweït, a commencé à réduire la présence de certains personnels à titre préventif.

La base d’Al-Udeid, au Qatar, cœur du dispositif militaire américain dans la région, est particulièrement surveillée. Parallèlement, les États-Unis et le Qatar ont annoncé le renforcement de leur coopération en matière de défense aérienne, signe d’une préparation à un scénario de confrontation.

Le Moyen-Orient mise sur la diplomatie

En coulisses, les États du Golfe tentent pourtant de freiner toute escalade. Selon plusieurs sources diplomatiques, Riyad, Mascate et Doha mettent en garde Washington contre les conséquences d’un conflit ouvert : flambée des prix du pétrole, déstabilisation économique mondiale et risques sécuritaires majeurs. Malgré leur hostilité historique envers la République islamique, ces pays redoutent qu’un effondrement brutal du gouvernement iranien ne crée un vide de pouvoir propice au chaos et à la radicalisation.

Bien qu’affaibli, l’Iran conserve des leviers d’influence régionaux. Son réseau d’alliances avec diverses milices pourrait, en cas de confrontation, contribuer à une multiplication des foyers de tension à travers le Moyen-Orient.

L’activité diplomatique régionale s’est intensifiée pour tenter d’éviter le pire. Le Qatar, Oman, les Émirats arabes unis et la Turquie multiplient les contacts avec Téhéran et, plus discrètement, avec Washington. Mais la décision américaine de geler les canaux de dialogue avec l’Iran fragilise les efforts de médiation. Dans un Moyen-Orient échaudé par des décennies de conflits, la crainte domine : qu’une nouvelle intervention militaire ne fasse basculer toute la région dans une instabilité durable.