Les États-Unis ont officiellement désigné le 13 janvier les branches des Frères musulmans en Égypte, au Liban et en Jordanie comme « organisations terroristes étrangères », une décision attendue de longue date par plusieurs alliés arabes de Washington.
Fondé en 1928 en Égypte, ce mouvement sunnite panislamiste a longtemps exercé une influence majeure dans le monde arabe, avant de connaître un net recul sous la pression conjuguée des autorités locales et de puissances régionales hostiles à l’islam politique.
Des mesures visant les soutiens du Hamas et du Hezbollah
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a justifié cette décision en évoquant « une action continue et soutenue » visant à contrer la violence et les dynamiques de déstabilisation attribuées à certaines branches de la confrérie. Washington entend désormais mobiliser l’ensemble de ses outils diplomatiques, financiers et juridiques pour assécher les ressources susceptibles de soutenir des activités qualifiées de terroristes.
L’Égypte a salué une « étape décisive » dans la lutte contre l’extrémisme, estimant que cette désignation confirme la dangerosité idéologique et sécuritaire du mouvement. Le processus avait été enclenché en novembre par un décret signé par Donald Trump, la Maison Blanche accusant les antennes visées de soutenir ou d’encourager des campagnes de violence nuisant aux intérêts régionaux et américains.
Ce classement ouvre la voie à des mesures contraignantes : gel des avoirs, interdiction de transactions financières, restrictions de déplacement et exclusion du territoire américain. Le Trésor américain affirme notamment que les branches égyptienne et jordanienne entretiennent des liens avec le Hamas, issu historiquement des Frères musulmans et déjà classé organisation terroriste par Washington. Au Liban, les autorités américaines accusent la confrérie de s’être rapprochée du Hezbollah, renforçant selon elles l’« axe Hezbollah-Hamas ».
En Jordanie, la confrérie a été interdite en avril 2025 après des accusations d’activités subversives, mettant fin à une relation longtemps ambiguë avec le pouvoir. En Égypte, les Frères musulmans ont été marginalisés après la chute du président Mohamed Morsi, issu de leurs rangs, et sont désormais exclus de toute vie politique. Longtemps prudents, les États-Unis avaient évité cette désignation afin de ménager leurs relations avec la Turquie, dont le président Recep Tayyip Erdogan demeure idéologiquement proche du mouvement.