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«Je n’ai pas aimé la réponse d’Exxon» : Trump menace d’écarter du Venezuela une major américaine

Le président des États-Unis, qui entend pousser les majors à investir 100 milliards de dollars au Venezuela, n’a pas apprécié le scepticisme exprimé par le patron d’ExxonMobil quant à un retour dans le pays sud-américain, laissant entendre qu’il pourrait tenir la compagnie américaine «à l’écart»

« Je n’ai pas aimé la réponse d’Exxon… Je serai probablement tenté de mettre Exxon à l’écart. Je n’ai pas aimé leur réponse. Ils font les malins. » À bord d’Air Force One, le 11 janvier, le président des États-Unis a fait part aux journalistes de son mécontentement vis-à-vis de la défiance de Darren Woods quant à réinvestir au Venezuela. Le patron de la major américaine avait déclaré, lors d’une réunion à la Maison Blanche deux jours plus tôt, qu’il était « impossible d’y investir » en l’état.

« Nos actifs ont déjà été saisis deux fois là-bas et donc, vous pouvez imaginer que d’importants changements sont nécessaires par rapport à ce que nous avons vécu historiquement et à la situation actuelle avant qu’on y retourne une troisième fois », avait argué le président exécutif d’ExxonMobil, prenant le contre-pied des annonces de Donald Trump.

« Au moins 100 milliards de dollars seront investis » par les majors, avait annoncé le président américain sur Truth Social, juste avant cette rencontre à laquelle avait été convoqué une vingtaine de dirigeants de groupes pétroliers en vue de les inciter à investir au Venezuela. Une réunion au cours de laquelle seule Chevron semble avoir pleinement joué le jeu, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, ayant indiqué que la compagnie pétrolière — la seule américaine encore présente dans le pays — avait évoqué « la possibilité d’accroître sa production de 50 % au cours des 18 à 24 mois ».

« Ils ont eu des dirigeants stupides »

« Nos entreprises pétrolières — les plus grandes au monde — vont dépenser des milliards de dollars pour réparer l’infrastructure endommagée et vont faire de l’argent pour le pays », avait déclaré le 3 janvier Donald Trump, dans la foulée de son coup de force au Venezuela, au cours duquel le président Nicolás Maduro et son épouse avaient été enlevés par les forces américaines lors d’un assaut à Caracas.

« Nous avons des garanties qu'ils seront en sécurité, qu'il n'y aura aucun problème et il n'y en aura pas », a assuré Donald Trump, interrogé sur les garanties que Washington entend offrir aux entreprises pétrolières qui investiraient au Venezuela. « Ils ont eu des problèmes par le passé parce qu’ils n’avaient pas Trump comme président. Ils ont eu des dirigeants stupides », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par la presse.

Contrairement à Chevron, présente dans le pays via un partenariat avec Petróleos de Venezuela SA (PdVSA), ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le Venezuela lors de la vague de nationalisations et de restructurations dans l’industrie pétrolière opérée au milieu des années 2000 sous la présidence d’Hugo Chávez. Une industrie pétrolière déjà nationalisée au milieu des années 70, durant le premier mandat de Carlos Andrés Pérez.

À la suite de ce départ, s’estimant lésées, les deux compagnies américaines avaient alors engagé des procédures d’arbitrage, exigeant des dizaines de milliards de dollars de réparations.