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Iran : au moins 25 membres des forces de l’ordre tués depuis le début des émeutes

L’Iran est confronté à une vague de violences alimentée par la crise et la dévaluation historique de sa monnaie. Selon l’agence Tasnim, les émeutes ont coûté la vie à 25 agents des forces de l’ordre dans plusieurs provinces. Le pouvoir dénonce une opération de déstabilisation, accusant Israël et les États-Unis d’être à l’origine des troubles.

L’Iran traverse depuis fin décembre 2025 une série de manifestations déclenchées par la chute brutale du rial iranien. La monnaie s’est effondrée sur le marché libre, où un dollar s’échange désormais à plus de 1,4 million de rials, contre environ 50 000 avant la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018. Selon la Banque centrale d’Iran, l’inflation annuelle atteint 38,9 %.

Le mouvement a débuté le 29 décembre à Téhéran, avec des commerçants protestant contre la flambée des prix. Dès le lendemain, des étudiants ont rejoint la contestation. Rapidement, les manifestations se sont étendues à de nombreuses grandes villes. Ce qui était à l’origine une revendication économique s’est transformé en affrontements directs avec les forces de sécurité, sur fond de slogans contre le gouvernement.

Un lourd bilan parmi les forces de sécurité

Selon l’agence iranienne Tasnim, « six agents des forces de sécurité ont été tués dans la province de Fars au cours des dernières nuits ». Le bilan total s’élève à au moins 25 morts parmi les forces de l’ordre. Les décès sont survenus dans les provinces de Fars, Khorassan-e Razavi et Qom. À Qom, deux policiers ont été tués après avoir reçu jusqu’à 40 coups de couteau. À Mashhad, au nord-est, sept autres agents ont perdu la vie.

Les autorités rapportent également plus de 120 blessés parmi les forces de sécurité. À Esfarayen, le procureur Ali Akbar Hosseinzadeh a été tué dans l’incendie d’un abri mobile, attaqué par des manifestants armés.

Le 8 janvier a marqué un pic de violence. Douze civils, dont un enfant, ont trouvé la mort dans des attaques coordonnées à Téhéran. Le maire Alireza Zakani a dénoncé les destructions : 25 mosquées incendiées, ainsi que 26 banques, 3 centres médicaux, 10 bâtiments publics, 48 véhicules d’urgence et 24 logements.

Une réponse ferme face à une déstabilisation extérieure

Les autorités iraniennes qualifient les responsables de ces violences de terroristes. Elles imputent l’organisation des émeutes à Israël et aux États-Unis. Le 10 janvier, plus de 200 meneurs présumés ont été arrêtés. Selon Tasnim, des armes, des grenades et des cocktails Molotov ont été saisis dans leurs repaires. Ces arrestations ont entraîné un recul des violences.

Malgré les pressions, l’Iran répond avec détermination. Les opérations de maintien de l’ordre se poursuivent, dans un contexte où Téhéran affirme être la cible d’une guerre hybride menée depuis l’étranger.