Le président américain Donald Trump a mis en garde l’Iran contre une répression des manifestations populaires en cours, menaçant jeudi 8 janvier d’une action militaire sévère si les autorités « commençaient à tuer des manifestants ».
Interrogé sur la radio conservatrice Hugh Hewitt Show, Trump a déclaré : « Je leur ai fait savoir que s’ils commençaient à tuer des gens, ce qu’ils ont tendance à faire pendant leurs émeutes […], nous les frapperons très fort », insistant sur une réponse américaine « très dure » en cas de violences létales contre les protestataires.
Le retour de l'interventionnisme
Sur la plateforme Truth Social, le président a également averti que les États-Unis interviendraient si l’Iran « tue violemment des manifestants pacifiques », ajoutant que Washington était « armé et prêt à intervenir » pour « venir à leur secours ».
Ces déclarations interviennent alors que des protestations d’ampleur inédite secouent l’Iran, déclenchées par une crise économique aiguë et une forte dépréciation de la monnaie nationale, faisant suite aux nombreuses sanctions économiques imposées par les États-Unis et l'Occident.
La menace de Trump a provoqué une réaction de Téhéran : des responsables iraniens ont dénoncé une rhétorique « irréfléchie et dangereuse » qui pourrait déstabiliser davantage la région et ont averti que toute intervention étrangère entraînerait « chaos » et « destruction ». Dans un climat déjà tendu, l’armée iranienne a menacé de riposter de manière préventive face à ce type de discours considéré comme une provocation.
Les propos de Trump s’inscrivent dans un contexte de pression croissante sur le gouvernement iranien, qui combine une contestation interne massive, une crise économique profonde et des tensions internationales persistantes.
Si Washington affirme vouloir protéger les manifestants pacifiques, des analystes s’inquiètent que de telles déclarations augmentent le risque d’un conflit élargi entre les États-Unis et l’Iran, déjà fragile après des tensions prolongées autour du programme nucléaire et des interventions régionales comme en juin dernier. Les propos de Donald Trump s'inscrivent dans un contexte de résurgence de l'interventionnisme américain après l'opération au Venezuela et les menaces d'occupation du Groënland.