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«Garanties de sécurité» pour Kiev : Londres et Paris revoient à la baisse leurs ambitions militaires

Le Royaume-Uni et la France ont revu à la baisse leur projet militaire de «garanties de sécurité» pour Kiev. Au lieu d’une force internationale massive, le Royaume-Uni ne déploierait pas plus de 7 500 soldats, pour un total franco-britannique limité à 15 000 militaires, loin des scénarios initialement envisagés par les états-majors.

En cas de conclusion d’un accord de paix, le Royaume-Uni et la France prévoient le déploiement d’une force militaire conjointe en Ukraine, mais dans des proportions nettement inférieures aux scénarios initiaux, rapporte le Times.

D'après le quotidien britannique, les discussions internes ont mis en évidence les limites structurelles des armées européennes, en particulier britanniques. Les chefs militaires du Royaume-Uni avaient, dans un premier temps, proposé l’envoi de 10 000 soldats dans le cadre d’une force multinationale beaucoup plus large. Ce projet a toutefois été jugé irréaliste par le ministère de la Défense, compte tenu des effectifs disponibles au sein de l’armée régulière. Avec environ 71 000 militaires, Londres peinerait déjà à mobiliser un contingent inférieur à 7 500 soldats.

Selon plusieurs sources militaires, même cet objectif représenterait un effort considérable pour le Royaume-Uni. Toujours selon le Times, la France apparaît dès lors comme le principal partenaire capable de compléter le dispositif, ce qui porterait l’effectif total à environ 15 000 soldats. Ce déploiement serait cantonné à l’ouest de l’Ukraine, loin de la ligne de front, dans des zones jugées relativement sûres.

Plusieurs observateurs estiment néanmoins que ce chiffre reste optimiste. Les incertitudes liées aux négociations de paix, ainsi que les contraintes politiques et opérationnelles, pourraient conduire à une nouvelle révision à la baisse. L’Allemagne, pour sa part, envisagerait un positionnement militaire à proximité de l’Ukraine, notamment en Pologne ou en Roumanie, sans engagement direct sur le territoire ukrainien.

Le 6 janvier, à l’issue d’une réunion à Paris de la « coalition des volontaires », le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont signé avec Volodymyr Zelensky une déclaration d’intention sur le déploiement en Ukraine d’une « force multinationale » après un cessez-le-feu.

L’accord signé comprend cinq volets. Il prévoit notamment un cadre de coopération militaire à long terme entre la « coalition des volontaires » et l’Ukraine, la reconstruction des forces armées ukrainiennes, ainsi que le financement des achats d’armements destinés à Kiev.

S’agissant des forces multinationales, Emmanuel Macron a indiqué qu’elles seraient déployées dans l’ouest de l’Ukraine, loin de l’actuelle ligne de front. Cette option n’a toutefois pas fait l’unanimité parmi les participants aux discussions. Le chancelier allemand Friedrich Merz a précisé que des unités allemandes ne pourraient être stationnées que dans l’un des pays voisins membres de l’Alliance atlantique.

De son côté, Keir Starmer a déclaré que son pays, en coordination avec la France, envisageait la création de bases militaires sur l’ensemble du territoire ukrainien.

Le président russe Vladimir Poutine a, à plusieurs reprises, affirmé que le risque de déploiement d’un contingent étranger en Ukraine figurait parmi les causes du conflit. Lors d’une séance plénière du Forum économique mondial en 2025, il a souligné que l’apparition d’un tel contingent constituerait une cible légitime.