Depuis le 3 janvier, une mobilisation mondiale sans précédent s’est formée en réaction à l’intervention militaire américaine au Venezuela. À travers plusieurs dizaines de pays, des rassemblements spontanés ou organisés ont dénoncé ce que beaucoup qualifient de violation du droit international. À Caracas, malgré les tensions, les Vénézuéliens ont immédiatement investi les rues.
Dans toute l’Amérique latine, les manifestations ont été rapides et massives. Cuba a donné l’exemple. À La Havane, une foule dense s’est rassemblée devant l’ambassade des États-Unis. Le président Miguel Díaz-Canel a dénoncé publiquement un « terrorisme d’État ». Les drapeaux cubains et vénézuéliens flottaient ensemble tandis que la foule scandait des slogans contre l'impérialisme américain.
À Buenos Aires, les manifestants ont qualifié la capture de Maduro de « kidnapping ». D'autres cortèges ont eu lieu au Salvador, au Chili, en Équateur, au Costa Rica — où les manifestants criaient « Get the f*ck out of Venezuela! », traduit sur des pancartes comme « Foutez le camp du Venezuela » — et au Brésil, où des rassemblements pacifiques ont condamné toute intervention étrangère.
Au-delà du continent américain, la solidarité s’est également exprimée en Asie comme à Tokyo, où les manifestants ont dénoncé « la guerre pour le pétrole » et demandé « le respect du Venezuela ».
En Europe, une contestation structurée
En France, la mobilisation a pris une ampleur notable. À Paris, des milliers de manifestants se sont rassemblés place de la République à l’appel de partis de gauche, de syndicats et de collectifs anticolonialistes. Les slogans affichés étaient explicites : « Donald Trump, casse-toi, Caracas n’est pas à toi », « Soutien au peuple vénézuélien » et « Stop à l’agression impérialiste ».
Un drapeau américain a été brûlé au pied de la statue centrale, sous les applaudissements de la foule.
Jean-Luc Mélenchon, présent sur place, a dénoncé une opération militaire « visant à piller les ressources d’un État souverain ». D'autres rassemblements ont été signalés à Lyon, Montpellier, Caen, Nîmes et Marseille.
En Allemagne, plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Berlin. Les pancartes accusaient les États-Unis de « kidnapping politique » et appelaient le gouvernement à condamner une opération « illégale et dangereuse ».
À Naples, les participants ont dénoncé une « violation flagrante de la Charte des Nations unies ». En Grèce, des cortèges ont défilé à Athènes, dénonçant « le retour des logiques coloniales ».
À Stockholm, des manifestants suédois brandissaient des pancartes comme « Le pétrole du Venezuela appartient au Venezuela » et « Non à la guerre contre le Venezuela ». À Dublin, une banderole installée sur le Ha’penny Bridge affichait un message clair : « États-Unis, hors du Venezuela ».
Rejet massif sur le sol américain
Aux États-Unis, la contestation a pris une ampleur nationale. Les cortèges ont défilé dans plus de 100 villes, de New York à Los Angeles, de Chicago à Seattle, de Washington à San Francisco.
À Times Square, les manifestants ont brandi des pancartes où l’on pouvait lire « Bas les pattes du Venezuela », « Pas de guerre pour le pétrole » ou encore « Libérez Maduro ».
À Philadelphie, une marche a conduit les manifestants jusqu’au centre de recrutement militaire. Le mot d’ordre était clair : refuser une guerre « illégitime, sans mandat, ni soutien populaire ».
À Chicago, les protestataires ont pointé du doigt l’influence des grandes compagnies pétrolières. Dans toutes les villes, le message revient : ce conflit ne sert pas les intérêts du peuple américain.
L’organisation Answer Coalition, moteur de la contestation, affirme que « cette guerre n’est pas la nôtre ».
Et malgré la diversité des opinions sur Nicolás Maduro, une ligne commune se dégage. Comme l’a résumé une manifestante place de la République : « On ne bombarde pas un pays, on ne capture pas un chef d’État. Ce n’est pas à Trump de décider qui gouverne qui. »