Dans son allocution de Nouvel An, le Premier ministre polonais Donald Tusk a placé l’année 2026 sous le signe de l’« accélération ». Selon lui, la Pologne s’engage dans une phase de transformation rapide, à la fois militaire, industrielle et stratégique.
Au cœur de ce projet figure un renforcement massif des forces armées. Le chef du gouvernement a réaffirmé son ambition de bâtir l’armée « la plus puissante d’Europe ». Il avait déjà évoqué par le passé une hausse significative des effectifs, incluant les réservistes, avec un objectif porté de 200 000 à 500 000 militaires.
Par ailleurs, l’exécutif polonais entend intensifier les investissements dans les infrastructures et renforcer sa présence en mer Baltique, présentée par Varsovie comme « sa » mer. « Nous accélérerons les investissements importants dans les infrastructures. Ce sera l’année de la conquête rapide de la mer Baltique — notre mer Baltique polonaise », a déclaré Donald Tusk, évoquant parallèlement une « repolonisation intensive » et une relance de l’industrie, notamment de défense.
En 2024, Donald Tusk avait proposé la création d’une police navale en mer Baltique, invoquant « des menaces venues de Russie ». À l’automne 2025, il affirmait que des incidents s’y produisaient « presque quotidiennement ».
De leur côté, les autorités russes ont assuré à plusieurs reprises qu’elles prendraient toutes les mesures nécessaires pour défendre leurs intérêts dans la région, refusant que la Baltique devienne un « lac intérieur » de l’OTAN.
Pour rappel, Varsovie affiche une ambition budgétaire sans précédent au sein de l’Alliance atlantique. Alors que l’objectif actuel de l’OTAN est fixé à 2 % du PIB, les pays membres se sont accordés pour porter leurs dépenses militaires à 5 % d’ici 2035. Selon le ministère polonais des Finances, la Pologne consacrera dès 2026 environ 4,8 % de son PIB à la défense, avec l’intention d’établir un record au sein de l’Alliance.