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Maduro se dit ouvert à un dialogue avec Washington sur des dossiers tels que le narcotrafic et le pétrole

Malgré une campagne de pression militaire intensifiée par les États-Unis, le président vénézuélien se montre ouvert à un dialogue direct avec Washington. Dans une interview, il propose une coopération sur des dossiers comme la lutte contre le narcotrafic et des investissements américains, tout en réaffirmant la souveraineté du Venezuela.

Le président Nicolás Maduro a affirmé que le Venezuela était disposé à engager des négociations avec les États-Unis « quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent », sur des sujets majeurs tels que le narcotrafic, le pétrole ou encore la migration. Cette déclaration a été faite le 1er janvier sur la chaîne publique VTV, lors d’une interview accordée au journaliste espagnol Ignacio Ramonet.

« Le gouvernement des États-Unis le sait, parce que nous l’avons dit à nombre de ses représentants : s’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts. S’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec Chevron », a précisé Maduro.

Cette ouverture intervient alors que Caracas fait face à une montée en pression considérable de la part de Washington. Depuis plusieurs mois, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans les Caraïbes, durci les sanctions pétrolières et saisi plusieurs navires transportant du brut vénézuélien. Fin décembre, Donald Trump a même affirmé que l’armée américaine avait frappé une installation portuaire utilisée, selon lui, par des cartels de la drogue. Nicolás Maduro, interrogé à ce sujet, a refusé de confirmer ou de démentir l’attaque, déclarant simplement : « Cela pourrait être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. »

Frappes unilatérales et volonté d’éviter l’escalade

Les frappes américaines menées ces derniers mois se sont multipliées. Depuis septembre, au moins 35 attaques ont été recensées contre des embarcations soupçonnées de trafic, causant plus de 115 morts, d’après les données fournies par l’administration Trump. Parmi les victimes figurent des ressortissants vénézuéliens et colombiens. Plusieurs experts juridiques et organisations de défense des droits humains dénoncent ces actions comme des exécutions extrajudiciaires, sans fondement juridique clair.

Dans ce climat d’hostilité, Maduro maintient un ton apaisé. Il a révélé n’avoir eu qu’un seul échange téléphonique avec Donald Trump, le 12 novembre, qu’il a décrit comme « cordial ». « Le slogan du Venezuela est clair : pas la guerre, mais la paix », a-t-il réaffirmé.

En parallèle, les autorités vénézuéliennes ont annoncé, fin décembre, la libération de 88 détenus, une semaine après un premier groupe de 99 personnes relâchées à l’occasion des fêtes. Ces gestes pourraient être interprétés comme des signaux d’ouverture.

Souveraineté défendue, ouverture à la coopération

Pour Maduro, les accusations américaines de participation à un réseau de narcotrafic ne reposent sur rien. « Puisqu’ils ne peuvent pas accuser le Venezuela de posséder des armes nucléaires ou chimiques, ils ont inventé cette histoire », a-t-il dénoncé. Il affirme que les États-Unis cherchent avant tout à imposer un changement de régime à Caracas afin de s’accaparer les vastes réserves de pétrole du pays.

Dans ce contexte, le président vénézuélien continue de tendre la main à Washington, tout en affirmant la souveraineté de son pays. Chevron, seule grande compagnie américaine encore active au Venezuela, reste un exemple de coopération possible. « Si les États-Unis veulent des accords de développement économique, ici au Venezuela aussi ! », a-t-il lancé.

Malgré les menaces et les pressions, Nicolás Maduro insiste sur la nécessité d’un dialogue « avec des données concrètes » et dans le respect mutuel. « Le système de défense nationale garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix », a-t-il conclu lors de son entretien.