L’administration Trump relance une idée explosive : installer dans la bande de Gaza des « communautés sûres alternatives » destinées à accueillir jusqu’à 25 000 civils chacune. Confié à Aryeh Lightstone, ancien ambassadeur en Israël, le projet prévoit des complexes de préfabriqués dotés d’écoles et de centres de santé, mais entourés de clôtures, de caméras, de routes de patrouille et de postes militaires camouflés derrière une ceinture d’arbres.
Une architecture qui rappelle, selon l’historienne Lynette Nusbacher, les méthodes britanniques du plan Briggs ou les « villages stratégiques » américains du Vietnam, tous deux synonymes d’échecs retentissants.
Un échec prévisible
Six ensembles pourraient voir le jour le long de la ligne jaune, côté israélien, où des soldats auraient déjà reçu l’ordre de préparer un premier site, près de Rafah. Ce dispositif stabiliserait de facto une partition durable du territoire, Israël contrôlant potentiellement plus de la moitié du réduit oriental.
Une initiative révélée alors que la première phase du cessez-le-feu touche à sa fin et que les grandes lignes du plan de paix de Trump patinent : force internationale bloquée, conseil de paix palestinien inexistant et Hamas toujours armé.
Pour les chercheurs, Donald Trump tente surtout de concilier trois impératifs : ses intérêts économiques personnels dans la reconstruction, les ambitions sécuritaires israéliennes et la nécessité de ménager les États arabes en affichant une dimension humanitaire.
Mais les contours du projet restent flous : financement, rôle de l’armée israélienne, liberté de circulation quasi nulle pour les civils, qui entreraient uniquement après un contrôle du renseignement et ne pourraient plus sortir. Plusieurs responsables européens s’inquiètent déjà d’un système assimilable à des camps d’enfermement. Les ONG, elles, dénoncent un plan contraire au droit humanitaire, évoquant une tentative de relocalisation massive « sous contrainte » et sans expertise onusienne.