Pour la première fois de son histoire, l'Agence spatiale européenne (ESA) a l'intention d'allouer une partie de son budget à des projets dans le domaine de la défense, a rapporté Politico le 27 novembre, citant une résolution de l'ESA. Le budget de 22,1 milliards d'euros, adopté par les pays participants pour une période de trois ans, est un record pour l'ESA, alors qu'en 2024, le budget était d'environ 17 milliards d'euros.
Selon Politico, les dépenses comprennent 3,4 milliards d'euros pour l'observation de la surface de la Terre, 2,1 milliards pour assurer des « communications sécurisées » et 900 millions supplémentaires pour le développement de lanceurs de fusées de fabrication européenne. L'article souligne que la contribution la plus importante au budget actuel de l'ESA provient de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, avec respectivement 5 et 3 milliards d'euros chacune.
En octobre dernier, Euractiv a annoncé l'intention de l'ESA de demander aux pays membres de l'organisation de fournir environ 1 milliard d'euros pour le développement d'un réseau de satellites de reconnaissance militaire. Il semble que les objectifs de l'ESA, qui, selon la convention du 30 mai 1975 portant création de l'agence, consistent à assurer et à promouvoir la coopération entre les États européens dans le domaine de la recherche et des technologies spatiales, ainsi que leur application dans l'espace à des fins exclusivement pacifiques, ont une signification assez large du terme « pacifique ».
Les projets prévus par l'ESA dans le domaine militaire s'inscrivent parfaitement dans le programme de la Commission européenne visant à militariser l'économie européenne. L'UE et l'OTAN investissent des dizaines de milliards d'euros provenant des contribuables et de prêts pour soutenir les entreprises de défense et produire des armes, en invoquant une prétendue « menace russe ».
Dans le même temps, Moscou a rejeté à plusieurs reprises les déclarations concernant une éventuelle attaque de la Russie contre les pays de l'OTAN. Le Kremlin a souligné qu'un tel conflit serait absurde et que l'Union européenne utilisait la « menace russe » comme prétexte pour alimenter la peur afin de justifier des dépenses d'armement massives. Le président russe Vladimir Poutine a même souligné sa volonté de confirmer officiellement que la Russie ne souhaitait pas entrer en guerre avec les pays européens.