La Norvège assouplit sa politique de protection de l'enfance jugée trop arbitraire

Le système de protection de l'enfance norvégien est souvent jugé arbitraire.© Stoyan Nenov Source: Reuters
Le système de protection de l'enfance norvégien est souvent jugé arbitraire.

Le service de protection de l'enfance norvégien (Barnevernet) devra désormais respecter les racines et la culture des enfants placés en famille d'accueill, tandis que la Norvège est fortement critiquée pour sa gestion arbitraire de nombreux cas.

Selon la nouvelle directive du ministère norvégien de l'Enfance, de l'Egalité et de l'Intégration sociale, les services de protection de l'enfance devront désormais tenir compte de l'origine des enfants issus de pays étrangers et de leurs liens avec leurs familles dans leurs pays d'origine.

Le média norvégien Aftenposten.no explique avoir porté son attention sur des cas de placements d'enfants russes, ukrainiens, polonais, lettons ou encore tchèques en familles d'accueil de façon arbitraire.

Dans ses colonnes, le quotidien iDnes.cz est notamment revenu sur le cas de la ressortissante tchèque Eva Michalakova, qui s'est vue retirer ses deux enfants par les autorités, dont le plus jeune a été placé en famille d'accueil. En février prochain, ce cas sera jugé en appel lors d'une audience exceptionelle.

«La directive définit la procédure à suivre dans les cas touchant les enfants ayant des liens étroits avec un autre pays étranger. Dans les faits, il s'agit de tous les enfants qui n'ont pas la nationalité norvégienne. Désormais, le Barnevernet devra prendre en compte non seulement la relation des enfants avec la Norvège, mais aussi avec leur pays d'origine», a déclaré Jitka Chalankova, l'avocate en charge du cas d'Eva Michalakova à iDnes.cz.

«La Norvège a de facto admis que le pays d'origine des enfants avait jusqu'ici toujours été ignoré», a-t-elle ajouté. 

En effet, le pays scandinave est régulièrement critiqué pour le fonctionnement de son système de protection de l'enfance. Dans de nombreux cas, des abus seulement supposés ont conduit à des placements express d'enfants en foyer ou en famille d'accueil avec l'interdiction pour leurs parents de les voir, sauf «deux fois par an pendant 15 minutes» et de parler avec eux dans leur langue maternelle.

L'expert juridique norvégien Olav Sylte, qui planche sur cette question, a indiqué sur son site web que la nouvelle directive ministérielle, bien qu'assez vague, attestait que les enfants doivent avoir le droit de garder des liens avec leur pays de naissance.

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Selon l'expert, ces mesures, qui permettent aux enfants de retourner dans leur pays d'origine, ont très probablement été mises en place par le gouvernement pour deux raisons :

D'abord pour mettre fin aux virulentes critiques sur les placements arbitraires d'enfants en famille d'accueil et les privations de droits parentaux pour des motifs obscurs, ensuite pour prendre les devants en ce qui concerne les futurs placements éventuels en famille d'accueil d'enfants de réfugiés syriens, dont la langue et la culture, très différentes des moeurs norvégiennes, sont trop fortement ancrées pour pouvoir être interdites.  

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