Le 2 avril, le président américain Donald Trump a annoncé l'instauration de lourds droits de douane sur les importations aux États-Unis. Une mesure promise depuis longtemps, s'inscrivant dans sa stratégie «America First» pour stimuler la production nationale.
«Le 2 avril 2025 restera à jamais dans les mémoires comme le jour de la renaissance de l'industrie américaine, le jour de la reconquête du destin de l'Amérique et le jour où nous avons commencé à rendre l'Amérique à nouveau riche», a déclaré le président américain Donald Trump avant d'imposer de nouveaux droits de douane à presque tous les pays du monde.
À l'issue de l'annonce, la Maison Blanche a dévoilé sur la plateforme X la grille de tous le pays qui seront concernés par cette taxe exceptionnelle. Parmi les pays le plus touchés sont le Vietnam (46%), la Chine (34%), la Corée du Sud (25%), le Japon (24%), Taïwan (32%), l'Inde (26%) et l'UE (20%).
Les droits les plus élevés – 50% – sont imposés au Lesotho et au territoire français d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon. La Russie ne figure pas sur la liste des pays soumis à des droits de douane car il n'y a pas de commerce entre les deux pays pour le moment.
La volonté de Donald Trump d'imposer les tarifs est allée si loin que même les îles Heard et MacDonald y ont été soumises. Pourtant, ces formations volcaniques australiennes dans l'océan Pacifique n'ont même pas de végétation et ne sont habitées que par des colonies de pingouins.
Trump : «C'est à notre tour de prospérer»
Expliquant sa décision, Donald Trump a souligné qu'il n'y a «pas de réciprocité» dans les échanges commerciaux des États-Unis avec d'autres pays et que les relations économiques avec les principaux partenaires commerciaux américains étaient devenues «extrêmement déséquilibrées, en particulier ces dernières années».
«C'est à notre tour de prospérer et, ce faisant, d'utiliser des milliers de milliards de dollars pour réduire nos impôts et rembourser notre dette nationale. Tout cela se fera très rapidement», a déclaré le président.
L'UE est prête à prendre des contre-mesures, le Canada va se battre
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prononcé un discours d'urgence après que Trump a imposé des droits de douane. Elle s'est abstenue d'annoncer des mesures de rétorsion commerciale, tout en appelant le président américain Donald Trump à négocier.
«Il n'est pas trop tard pour dissiper les inquiétudes au cours des négociations. <...> Nous nous préparons actuellement à prendre d'autres contre-mesures pour protéger nos intérêts et nos entreprises en cas d'échec des négociations. [...] Je sais que beaucoup d'entre vous sentent être trompés par notre plus ancien allié», a-t-elle déclaré. «Je regrette profondément ce choix».
La présidente de la Commission européenne a déclaré que l'imposition de ces droits de douane aurait des conséquences «désastreuses» pour l'économie mondiale.
«L'économie mondiale va souffrir massivement. Les conséquences seront désastreuses pour des millions de personnes dans le monde et pour les pays les plus vulnérables», a-t-elle déclaré.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré à son tour que le Canada agirait «de manière ciblée et décisive» pour lutter contre les nouveaux droits de douane américains.
«Nous allons combattre ces droits de douane par des contre-mesures. Nous allons protéger nos travailleurs», a-t-il déclaré. Bien que le Canada ne figure pas sur la liste des pays soumis aux nouveaux droits de douane, il est frappé de droits de douane de 25% sur les voitures.
Le vice-Premier ministre irlandais Simon Harris a déclaré qu'il «regrettait profondément l'annonce» du président Trump et que les droits de douane de 20 % «pourraient avoir un effet significatif sur les investissements irlandais et l'économie au sens large» et que leur impact «devrait se faire sentir pendant un certain temps».
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé l'UE à répondre de manière adéquate aux droits de douane américains.
«L'amitié est synonyme de partenariat. Le partenariat implique des devoirs réels et véritablement réciproques», a-t-il déclaré, ajoutant que des solutions adéquates étaient nécessaires.
Le président français a annoncé réunir le 3 avril les représentants des filières affectées par les nouvelles hausses des droits de douane. Le secteur des vins et spiritueux français devrait être particulièrement concerné. Selon les estimations de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), les ventes de vins et spiritueux français peuvent chuter d'au moins 20%.