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États-Unis : le Sénat approuve l’interdiction des importations d’uranium russe

Le 30 avril au soir, les sénateurs américains ont voté en faveur d’un projet de loi qui prévoit d’interdire jusqu’en 2040 les importations américaines d’uranium russe. Le texte envisage néanmoins des dérogations, afin de pallier au fait que la Russie demeure l’un des principaux fournisseurs des centrales nucléaires américaines.

Le Sénat américain a adopté à l'unanimité, le 30 avril, un projet de loi interdisant l'importation d'uranium enrichi en provenance de Russie ou d’une entreprise russe. Le texte, porté par la républicaine de l’État de Washington Cathy McMorris Rodgers, avait été approuvé à la mi-décembre par la Chambre des représentants et n’attend plus qu’a être signé par le président Joe Biden pour devenir loi.

«Notre législation bipartite contribuera à réduire le financement de la machine de guerre russe, à relancer la production américaine d'uranium et à relancer les investissements dans la chaîne d'approvisionnement en combustible nucléaire américaine», s’est félicité le sénateur républicain du Wyoming, John Barrasso. Dès mars 2022, celui-ci avait appelé à l’interdiction des importations d’uranium russe.

Le projet de loi prévoit également l’allocation de 2,7 milliards de dollars (environ 2,53 milliards d'euros) pour stimuler l’industrie américaine de l’enrichissement de l'uranium.

Si elle doit rester en vigueur jusqu’en 2040, cette initiative autorise toutefois le secrétaire américain à l'Énergie, en consultation avec le secrétaire d'État et le chef du ministère du Commerce, à lever l’interdiction si d'autres sources d'approvisionnement en uranium ne sont pas disponibles ou si l'importation de combustible russe s’avère dans l'intérêt des États-Unis.

Uranium : la Russie, premier fournisseur étranger des centrales américaines en 2022

Sans ces dérogations, les prix du combustible nucléaire pourraient augmenter d’environ 20%, a déclaré à Bloomberg le président de la société de conseil UxC, spécialisée en uranium, Jonathan Hinze. Bloomberg souligne que ces dérogations seraient rendues «stériles» en cas de suspension, par la Russie, de ses exportations vers les États-Unis.

Selon les données de l’Agence d’information américaine sur l’énergie (EIA), 24% du combustible acheté en 2022 par les centrales nucléaires des États-Unis provenait de Russie, faisant de cette dernière le premier fournisseur étranger sur le marché américain.

Depuis plus d’un an, l’administration Biden annonce régulièrement son intention de se passer des importations russes. Fin août 2023, Bloomberg révélait dans un article-fleuve les plans de Washington afin de «sevrer le monde» de l’uranium russe, via un renforcement aux États-Unis des capacités d’enrichissement de l’uranium ainsi que de celles des Européens et des Canadiens.