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Présidentielle slovaque: Korcok et Pellegrini s’affronteront au 2e tour

Ivan Korcok, ancien ministre des Affaires étrangères, et Peter Pellegrini, président du Parlement slovaque, s'affronteront lors du second tour de l'élection présidentielle, après être arrivés en tête du premier tour ce 24 mars, selon des résultats quasi complets.

Selon un décompte de 99,9% des voix, M. Korcok en obtient 42,44%, contre 37,1% pour M. Pellegrini, selon l'Office slovaque des statistiques. Le deuxième tour du scrutin aura lieu le 6 avril. 

Les analystes s'attendaient à un résultat serré, Peter Pellegrini, 48 ans, et Ivan Korcok, 59 ans, étant en tête des sondages d'opinion avant le vote, marqué par de profondes divisions sur le conflit dans l'Ukraine voisine.

L'ancien Premier ministre Pellegrini fait partie du camp au pouvoir, favorable à la Russie, dirigé par le Premier ministre Robert Fico. Le libéral Korcok, soutenu par l'opposition, est résolument pro-Ukraine, tout comme la présidente sortante Zuzana Caputova, une critique du gouvernement qui a choisi de ne pas briguer un second mandat. 

«C'est un énorme succès pour nous», a déclaré M. Pellegrini à la presse. «Les résultats ont montré que la plupart des Slovaques (y compris ceux qui ont voté pour d'autres candidats, ndlr) ne veulent pas d'un président libéral, de droite ou progressiste», a-t-il estimé.

«Un président qui n'entraînera pas la Slovaquie dans une guerre mais parlera de paix»

«La plupart ont plutôt exprimé leur intérêt pour un président qui défendra les intérêts nationaux de la Slovaquie, qui n'entraînera pas la Slovaquie dans une guerre mais qui parlera de paix, pour un président qui placera les intérêts de la Slovaquie au premier plan», a-t-il ajouté. 

La question ukrainienne a divisé les Slovaques pendant la campagne électorale. Lors du dernier débat avant le scrutin, Pellegrini a réclamé «un cessez-le-feu immédiat et l'ouverture de négociations de paix» entre Kiev et Moscou. Une position dénoncée par Korcok. 

Ivan Korcok, qui sera probablement confronté à une forte opposition de la part de l'équipe du Premier ministre Fico s'il est élu, a, quant à lui, jugé son résultat «prometteur, encourageant». «Mais j'ai les pieds sur terre, a-t-il dit. Je veux m'adresser aux électeurs qui ne sont pas d'accord avec la direction que ce gouvernement donne à la Slovaquie (...) y compris en matière de politique étrangère». «Je veux être un président qui (...) représentera le pays à l'étranger et à l'intérieur et qui prendra des décisions indépendantes, sans recevoir d'ordres», a-t-il dit.

La Slovaquie membre de l'UE et de l'OTAN

Bien que sa fonction soit essentiellement cérémonielle, le président slovaque ratifie les traités internationaux, nomme les principaux juges et est le commandant en chef des forces armées. Le chef de ce pays de 5,4 millions d'habitants, membre de l'OTAN et de l'Union européenne, peut également opposer son veto aux lois adoptées par le Parlement.