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Privée d'électricité, la Crimée est en état d'urgence

Alors que des membres de Secteur droit et des Tatars de Crimée tenteraient d’empêcher les services de réparation d’accéder aux sites concernés sur le territoire ukrainien, la Crimée doit utiliser ses capacités de production électrique autonomes.

Plus de 1,9 million de personnes ont été privées d’électricité en Crimée dans la nuit du 21 au 22 novembre, juste après que les pylônes des lignes électriques qui alimentent la péninsule, situés dans la région voisine de Kherson en Ukraine, ont été endommagés par des explosions. Plusieurs villes ont ainsi été plongées dans l’obscurité complète.

Juste après la panne, les autorités de Crimée se sont précipitées pour mettre en route leurs capacités de production autonomes, et autres générateurs auxiliaires, afin de pouvoir alimenter les hôpitaux et autres bâtiments vitaux de la péninsule. Les autorités ont même annoncé l’état d’urgence. 

D’après les déclarations officielles, les socles des quatre pylônes par lequel passe l’approvisionnement électrique de la péninsule ont été complètement détruits.

Le chef du gouvernement de la Crimée, Sergueï Aksionov, a déclaré au matin du 22 novembre, qu’on avait fait exploser ces pylônes à dessein, pour priver la Crimée de courant. «Je suis persuadé que l’Ukraine ne recherche pas les coupables. C’était un acte approuvé», a-t-il précisé. Il a aussi présenté ses excuses aux habitants de la péninsule en leur demandant de ne pas utiliser leurs chauffages étant donné que le «temps le permet» : aujourd’hui, il fait beau, 20 degrés Celsius au-dessus de zéro.

«Malheureusement, pour économiser notre électricité, on n’allumera pas la lumière dans les rues avant qu’une solution permette de remédier à la situation», a-t-il poursuivi, précisant que la Crimée disposait d’«assez de réserves pour produire de l’électricité durant 29 jours». 

Les premières échauffourées à proximité des quatre principaux pylônes qui alimentent la Crimée en électricité ont commencé le 20 novembre. Des inconnus ont endommagé deux d’entre eux, après que les membres du parti nationaliste radical Secteur droit et les Tatars de Crimée revendiquent avoir pris cette portion de territoire «sous leur protection», empêchant les services de réparation d’accéder aux sites concernés. Lors des affrontements entre activistes et forces de l’ordre, on a dénombré plusieurs blessés, dont un policier poignardé.