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Ordre international : «Le monde anglo-saxon cherche à tout contrôler», accuse Medvedev

Auprès de journalistes, le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie a accusé l'Occident – et en particulier le monde anglo-saxon – de vouloir tordre l'ordre international selon ses propres règles, au mépris des souverainetés.

«Les pays occidentaux ont besoin de dominer en se basant sur leurs propres idées. Le monde dit "anglo-saxon" a élaboré ces idées» : lors d'une discussion avec des journalistes de médias russes le 22 mars, le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, a accusé les Occidentaux de chercher à façonner un ordre international dont ils seraient les maîtres. 

Les pays occidentaux ont besoin de dominer en se basant sur leurs propres idées

«Au lieu de la Charte de l'ONU, ils prônent "un ordre basé sur des règles". Mais qui a inventé ces règles ? "C'est nous". Et pourquoi faut-il les respecter. "Parce que ce sont de bonnes règles. Et nous, nous sommes les meilleurs", disent-ils», a déclaré l'ex-président russe. Or selon lui, l'Occident est un temps seulement parvenu à imposer son ordre international – juste après la dissolution du Pacte de Varsovie et du Conseil d'assistance économique mutuelle (organisation d'entraide économique entre différents pays communistes). Par la suite, les velléités dominatrices des Occidentaux ont été compromises par l'essor de la Chine et la réaffirmation de la Russie sur la scène internationale.

La défense d'un monde multipolaire et la dénonciation de l'impérialisme occidental reviennent régulièrement dans le discours public des hauts responsables russes. En juin dernier par exemple, le président russe Vladimir Poutine avait accusé les «élites dirigeantes de certains pays occidentaux» de se bercer d'illusions de domination mondiale et de «s’accroch[er] obstinément aux ombres du passé». «Pour eux, tout le reste est la périphérie, leur arrière-cour, ils les traitent toujours comme des colonies, alors que les peuples qui y vivent sont considérés comme des gens de deuxième classe, car ils s’estiment comme exceptionnels. [...] Cela explique leur désir irrésistible de punir, d’écraser économiquement ceux qui ne leur correspondent pas et ne veulent pas leur obéir aveuglément», avait asséné le chef d'Etat.