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«Fragmenter l'Occident» : Macron loue l'alliance avec Washington, mais fustige son protectionnisme

A Washington, Emmanuel Macron a salué «une alliance plus forte que tout» entre les deux nations au regard de leur histoire. Le président français a en même temps été pour le moins critique sur les mesures économiques prises par Joe Biden.

Le président français Emmanuel Macron, en visite d'Etat à Washington pour trois jours, a affirmé le 30 novembre que l'alliance avec les Etats-Unis était «plus forte que tout».

Dans un discours devant la communauté française à l'ambassade de France à Washington, Emmanuel Macron a plaidé pour que la France et les Etats-Unis soient «à la hauteur de ce que l'histoire a scellé entre» ces deux nations, «une alliance plus forte que tout». Il a aussi estimé que sa seconde visite d'Etat aux Etats-Unis, après celle de 2018, «montr[ait] aussi la force, le lien entre les Etats-Unis et la France».

La crainte de l'impact en Europe de la rivalité sino-américaine

Toutefois, Emmanuel Macron a mis en garde contre le «risque» que «l'Europe et la France deviennent une sorte de variable d'ajustement» de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, les deux premières puissances économiques mondiales.

Il a par ailleurs déploré les mesures économiques «super agressives» prises par Joe Biden pour doper l'industrie américaine au détriment des entreprises françaises et européennes, avant d'avertir qu'elles risquaient d'impacter les pays occidentaux.

«J'ai dit avec beaucoup de franchise, d'amitié [aux élus américains] [...] que ce qui s'est passé ces derniers mois est un défi pour nous parce qu'on commence à se décaler sur les sujets énergétiques et le coût de la guerre [en Ukraine] n'est pas le même en Europe et aux Etats-Unis», a encore déclaré le président français devant ses compatriotes. 

Critique du protectionnisme américain

«Mais surtout, les choix faits, dont je partage les objectifs, en particulier l'Inflation Reduction Act [IRA, un programme de réformes et d'investissements environnementaux et sociaux pour les entreprises américaines] sont des choix qui vont fragmenter l'Occident», a déploré le président français.

Pour Emmanuel Macron, ce programme «créé de telles différences entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Europe que ceux qui travaillent dans nombre d'entreprises vont juste se dire "on ne fait plus d'investissements de l'autre côté de l'océan"» Atlantique.

Se voulant rassurante, la porte-parole de Joe Biden, Karine Jean-Pierre, a quant à elle répété la position de Washington, à savoir que cet «Inflation Reduction Act» créait «des opportunités significatives pour les entreprises européennes et pour la sécurité énergétique européenne. Ce n'est pas un jeu à somme nulle».