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Pakistan : au moins quatre morts et 27 blessés dans un attentat revendiqué par les Taliban

Deux jours après avoir mis fin à leur cessez-le-feu, les Taliban pakistanais ont revendiqué un attentat-suicide qui a fait quatre morts et 27 blessés. Le groupe dit avoir «vengé la mort» d'un dirigeant, tué en août dernier.

Au moins quatre personnes ont été tuées ce 30 novembre dans un attentat-suicide visant des policiers qui accompagnaient une équipe de vaccination dans l'ouest du Pakistan. Une attaque revendiquée par les Taliban pakistanais, deux jours après leur annonce de la fin d’un cessez-le-feu.

Un kamikaze a visé un camion de la police qui s'apprêtait à escorter cette équipe dans la ville de Quetta, a indiqué à l'AFP Azhar Mehesar, un haut responsable de la police locale.

Selon le dernier bilan, un policier, une femme et deux enfants ont été tués, a indiqué à l'AFP Wasim Baig, porte-parole du département provincial de la santé. Parmi les 27 blessés figurent «21 policiers et deux enfants», a-t-il précisé. 

433 morts depuis le retour au pouvoir des Taliban en Afghanistan 

L'explosion a projeté le camion de police sur le côté de la route. Des débris de métal jonchaient le sol, et un autre véhicule, peut-être celui utilisé dans l'attaque, n'était plus qu'un amas de tôles carbonisées.

L'attentat a été revendiqué par les Taliban pakistanais du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), lesquels ont annoncé le 28 novembre la fin du cessez-le-feu qui avait été prolongé indéfiniment en juin pour faciliter des négociations de paix avec des représentants de l'Etat pakistanais. Le TTP a justifié cette décision par le non-respect de cette trêve de la part d'Islamabad et a promis de lancer des attaques de représailles «dans tout le pays».

L'attentat de Quetta a ainsi été mené «pour venger la mort» d'un des hauts dirigeants et membres fondateurs du TTP tué en août pendant la trêve, a annoncé le mouvement dans un communiqué transmis à l'AFP.

Groupe distinct des Taliban afghans mais mû par une même idéologie et une longue histoire commune, le TTP a tué en moins d'une décennie, après sa naissance en 2007, des dizaines de milliers de civils pakistanais et de membres des forces de sécurité.

Affaibli à partir de 2014 par d'intenses opérations de l'armée pakistanaise, il est revenu en force depuis le retour au pouvoir des Taliban en Afghanistan en août 2021 et le retrait des forces américaines après deux décennies de guerre. Ses attaques ont ainsi augmenté de 50% depuis cette date et ont fait 433 morts, selon l'institut pakistanais PIPS. Le Pakistan reproche aux Taliban afghans de laisser le TTP planifier à partir de leur sol ses attaques, ce que ceux-ci n'ont cessé de nier.

Les vaccinateurs anti-polio pris pour cible 

Les militants islamistes, notamment ceux du TTP, ciblent depuis des années les vaccinateurs anti-polio et les policiers assurant leur sécurité. Selon la presse pakistanaise, plus de 70 vaccinateurs anti-polio ont été tués depuis 2012, principalement dans la province du Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), où le TTP est le plus solidement enraciné.

La vaccination contre la poliomyélite se heurte à une suspicion persistante au Pakistan, où abondent les théories conspirationnistes voulant notamment que les vaccins s'inscrivent dans un complot occidental pour stériliser les enfants musulmans. 

Une autre de ces théories prétend que les vaccins contiennent de la graisse de porc et sont donc interdits aux musulmans. Cette méfiance, alimentée par des religieux ultra-conservateurs, s'est accrue après l'organisation d'une fausse campagne de vaccination par la CIA pour retrouver le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, tué en 2011 à Abbottabad (nord du pays). Les autorités pakistanaises ont lancé le 28 novembre une campagne d'une semaine destinée à vacciner plus de 13 millions d'enfants contre la polio.

En avril, le Pakistan a détecté son premier cas depuis 15 mois de cette maladie extrêmement contagieuse, causée par un virus qui envahit le système nerveux et peut causer une paralysie irréversible. Depuis, 20 nouveaux cas ont été recensés, selon le programme national de lutte contre la polio.