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«Etat promoteur du terrorisme» : la diplomatie russe tance l'«absurdité» de la résolution européenne

Alors que le Parlement européen a adopté une résolution accusant la Russie d'être un «Etat promoteur du terrorisme», la Mission permanente russe auprès de l’Union européenne y voit un «nouveau prétexte» pour imposer de nouvelles sanctions.

La Mission permanente russe auprès de l’Union européenne a fermement condamné la résolution du Parlement européen du 23 novembre qui qualifie la Russie d'«Etat promoteur du terrorisme». 

Le 24 novembre, la diplomatie russe à Bruxelles a réagi face à cette décision européenne qui prévoit des mesures hostiles à l'égard de la Russie. Le communiqué critique ainsi la contre-productivité des «sanctions antirusses imposées par l’Union européenne» qui ont «gravement affecté la situation sociale et économique de ses pays membres et provoqué des crises alimentaires et énergétiques dans l’UE». La Russie estime en outre que le Parlement européen cherche «de nouveaux motifs pour renforcer la pression politique et économique exercée sur la Russie», et a donc trouvé «un nouveau prétexte pour porter la politique de sanctions contre notre pays à un niveau d'intensité supérieur».

Cette résolution «n’a aucun rapport, ni direct, ni indirect avec notre pays», dit la Russie

Reprenant les mots de la résolution du 23 novembre, la diplomatie russe à Bruxelles stipule que «les eurodéputés ont suggéré aux Etats membres l'idée d’établir une base juridique permettant à l'Union européenne de qualifier certains pays d’«Etats promoteurs du terrorisme ou utilisant des méthodes terroristes», ajoutant qu'ils avaient inclus la Russie dans «ladite liste noire».

La mission permanente de la Russie auprès de l'Union européenne considère cette proposition comme étant une «absurdité» flagrante, «sauf pour les eurodéputés qui l'ont soutenue». La diplomatie russe à Bruxelles précise également que cette résolution «n’a aucun rapport, ni direct, ni indirect avec notre pays, pas plus qu’avec la crise ukrainienne». Pour les autorités russes, l'objectif sous-jacent est clair : «Accroître la confrontation avec la Russie par tous les moyens». «Et ce au détriment du bien-être des Européens ordinaires, qui subissent tous les jours le contre-coup des restrictions antirusses introduites sous des prétextes farfelus analogues» conclut le communiqué russe. 

Le texte de la résolution du Parlement européen «invite l’Union européenne et ses Etats membres à mettre en place un cadre juridique européen permettant de déclarer des Etats soutiens du terrorisme», dispositif qui exposerait les pays concernés à une batterie de lourdes mesures restrictives et qui aurait pour effet de limiter de manière importante les relations de l’Union avec lesdits pays, et demande plus particulièrement «au Conseil d’envisager, une fois cela fait, d’inscrire la Fédération de Russie sur ladite liste de l’Union des Etats qui soutiennent le terrorisme».

«Le Parlement européen a adopté une résolution déclarant la Russie Etat terroriste. Le régime de Poutine est un promoteur d'Etat du terrorisme, [est] complice de crimes de guerre et doit faire face aux conséquences internationales», a résumé l'eurodéputé belge Guy Verhofstadt, qui a soutenu la résolution.