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Missile en Pologne : la Hongrie recadre Zelensky et l'invite à s'exprimer de «manière responsable»

«Un mauvais exemple» : alors que Volodymyr Zelensky s'était empressé d'accuser la Russie après la chute d'un missile en Pologne le 15 novembre, la Hongrie a critiqué la réaction à l'emporte-pièce du président ukrainien.

Le gouvernement hongrois a estimé le 16 novembre que le président ukrainien Volodymyr Zelensky donnait «un mauvais exemple» en ayant affirmé que le missile qui avait tué deux personnes la veille dans un village polonais près de la frontière avec l'Ukraine était russe.

«Dans une telle situation, les dirigeants mondiaux s'expriment de manière responsable», a déclaré à la presse Gergely Gulyas, chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban. Or «le président ukrainien, en accusant immédiatement les Russes, a eu tort, c'est un mauvais exemple», a-t-il ajouté, saluant au contraire l'attitude prudente de la Pologne et des Etats-Unis.

Varsovie a jugé «hautement probable» qu'il s'agisse d'un projectile anti-aérien ukrainien, évoquant «un accident malheureux», une hypothèse accréditée par l'OTAN et la Maison Blanche. Pour Volodymyr Zelensky cependant, le missile était «russe». «Je n'ai aucun doute que ce missile n'était pas à nous», a-t-il de nouveau insisté dans la soirée du 16 novembre à la télévision nationale.

Un «missile guidé antiaérien du complexe de défense aérienne S-300 des forces armées ukrainiennes», selon la Défense russe

Le ministère russe de la Défense a de son côté confirmé avoir mené «une frappe massive avec des armes de haute précision» contre une série de cibles en Ukraine, mais a tenu à souligner que celles-ci ont «été effectuées uniquement sur des cibles situées sur le territoire de l'Ukraine et à une distance d'au moins 35 kilomètres de la frontière ukraino-polonaise». Et, d'après l'analyse des photographies des restes du missile publiées par la Pologne, les experts militaires russes ont conclu que ceux-ci appartenaient à un «missile guidé antiaérien du complexe de défense aérienne S-300 des forces armées ukrainiennes», confirmant ainsi les déclarations russes faites immédiatement après l'annonce de l'incident.

Jens Stoltenberg, le patron de l'Alliance atlantique, s'est également exprimé sur le dossier du missile tombé à Przewodów, affirmant qu'il n'existait «pas d'indication d'une attaque délibérée» qui aurait visé la Pologne. «Notre analyse préliminaire suggère que l'incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense anti-aérien tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue à Bruxelles.