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Privation de visas pour les Russes ? Moscou dénonce des «irrationalités frisant la folie»

Tandis que les Etats-membres de l'UE discutent de l'éventualité de priver les Russes de visas européens — mesure qui est loin de faire l'unanimité au sein de l'Union —, la Russie a prévenu qu'elle riposterait si ce scénario devenait réalité.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fait savoir ce 30 août que la Russie prendrait des mesures de rétorsion si l'Union européenne décidait de suspendre ses visas pour les Russes. Cette mesure fait actuellement débat au sein des Etats membres, qui cherchent de nouveaux moyens de sanctionner Moscou pour son offensive en Ukraine alors que l'économie russe est au beau fixe en dépit des sanctions.

Assimilant ces «élans antirusses» et ces «vagues de haine pure et simple contre [la Russie]» à des mesures irrationnelles, Dmitri Peskov a commenté en conférence de presse : «Nous savons que les Européens ne partagent pas tous le même point de vue à ce sujet. Nous suivrons attentivement [l'évolution de la situation]. C'est une décision très sérieuse qui peut faire tort à nos concitoyens. Naturellement, de telles décisions ne peuvent rester sans réponse. Mais je le répète encore une fois, quoi qu’il arrive, nous réagirons de manière à servir au mieux nos intérêts et à protéger les intérêts de nos citoyens.»

La question de la suspension des visas européens pour les citoyens russes doit faire l'objet de discussions ces 30 et 31 août lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Prague.

Certains Etats-membres, en particulier les pays baltes, sont favorables à interdire purement et simplement l'accès à l'espace Schengen aux touristes russes, mesure à laquelle appelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Toutefois, la Commission européenne ou encore l'Allemagne, n'y sont pas favorables.

Selon des données citées par l'AFP, les 26 pays de l'espace Schengen (22 Etats de l'UE, plus Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein) ont reçu en 2021 trois millions de demandes de visas de court séjour toutes catégories confondues (tourisme, études, voyages d'affaires...), les Russes étant les plus nombreux avec 536 000 demandes.

Evoquant d'une manière plus générale la stratégie de Bruxelles à l'égard de Moscou, le porte-parole du Kremlin a estimé que les mesures «complètement irrationnelles, voire absurdes sur le plan énergétique, mesures dont la population des pays européens fera les frais [...] permettent, par exemple aux entreprises américaines, de gagner beaucoup d’argent». Et d'ajouter : «Malheureusement, c’est cet ensemble d'irrationalités, frisant la folie, qui rend possible des décisions comme celles-ci [sur les visas].»