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Brexit, les exigences et les remontrances de David Cameron envers l'Union européenne

C'est une liste de desiderata que le Premier ministre britannique doit aujourd'hui présenter à l'Union européenne pour maintenir son pays en son sein. Et les grandes lignes en sont déjà connues, avec pour mot d'ordre plus de flexibilité.

Cette «shopping list», comme on la surnomme déjà outre-Manche, doit être remise au président du Conseil européen, Donald Tusk. Elle sera discutée ensuite par les 28 en décembre à Bruxelles. 

Quatre grands axes de réformes sont détaillés dans la lettre : une Europe plus compétitive, une exemption de la nation d'union toujours plus étroite, plus d'égalité entre membres et non-membres de la zone euro et une réduction de la pression migratoire.

Selon la plupart des spécialistes, un accord sur les trois premières revendications pourrait aboutir. En les posant, David Cameron espère surtout graver dans le marbre le statut spécial dont le Royaume-Uni bénéficie déjà dans les faits en ne participant pas à l'euro ou à l'espace Schengen. La quatrième condition, qui consiste à priver les immigrés de l'UE de certaines prestations sociales, risque en revanche de rencontrer une franche hostilité. Au sein même du camp conservateur de David Cameron, on s'interroge sur le caractère légal d'une telle mesure par rapport aux principes de libre circulation et de non-discrimination entre travailleurs européens.

David Cameron a ainsi toujours affirmé n'avoir «aucun attachement sentimental à l'UE». Il prône plutôt un maintien dans une union réformée. Selon lui, les quatre revendications peuvent se résumer en un seul mot : flexibilité. Si l'UE est suffisamment flexible, nous allons rester. Sinon, il faudra sérieusement se poser la question de savoir si le Royaume-Uni y est à sa place», a-t-il ainsi déclaré. 

Mais d'ores et déjà, s'il n'obtient pas les changements voulus et détaillés dans la lettre, il a déclaré ne rien exclure.

Par ailleurs, pour accompagner le courrier, David Cameron a par ailleurs prévu un discours dans la matinée à Londres. Le ministre des Finances George Osborne, ira quant à lui à la rencontre du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans la capitale belge. 

Cette lettre constitue la dernière ligne droite menant au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE qui doit avoir lieu d'ici la fin 2017. Certains avancent le mois de juin 2016.

Si les sondages laisse planer un certain suspense avec un électorat divisé entre pro et anti-UE, les deux camps ont intensifié leur campagne depuis la rentrée. Mais David Cameron a répété que la réponse à la question du référendum sera définitive : «No way back» (pas de retour en arrière possible) selon ses propres mots.