Les Britanniques vont-ils expulser les demandeurs d'asile réfugiés sur leur base de Chypre ?

La base britannique à Chypre abrite désormais 114 personnes Source: Reuters
La base britannique à Chypre abrite désormais 114 personnes

Une centaine de migrants arrivés le mois dernier sur une base militaire britannique à Chypre seront bientôt expulsés ont prévenu les autorités, qui exigent que ces 114 personnes demandent l'asile à Chypre et non en Grande-Bretagne.

Les 114 réfugiés actuellement bloqués sur une base britannique de Chypre vont-ils devoir retourner dans leur pays d’origine ? Cela est probable et ces migrants originaires du Moyen-Orient devraient prochainement être expulsés s’ils ne demandent pas l’asile auprès des autorités chypriotes, ont annoncé lundi les autorités britanniques.

Le mercredi 21 octobre, ces hommes, ces femmes et ces enfants ont en effet débarqué dans une enclave anglaise à Chypre, la base aérienne d’Akrotiri – depuis, ils ont été déplacés sur la base de Dhekelia. Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui avait déjà été amenée à statuer sur ce même sujet en 2003, les réfugiés sont ainsi en territoire britannique, et c’est donc au Royaume-Uni qu’ils doivent déposer leur demande d’asile. Mais les Britanniques ne veulent pas entendre parler de cette option.

«Soit ils demandent l'asile à Chypre, soit le processus d'expulsion va débuter», a ainsi indiqué à l'AFP le porte-parole des forces britanniques à Chypre, Sean Tully. «Les bases ne sont pas une porte d'entrée vers la Grande-Bretagne». Chypre avait accepté de traiter ces demandes d’asile, mais les réfugiés de la base de Dhekelia savent qu’ils ont plus de chance que cette dernière soit acceptée si elle est traitée par la Grande-Bretagne. Et si une quinzaine de migrants a déposé cette demande à Chypre, les autres veulent obtenir l’asile Outre-Manche.

Ces derniers se sont vus remettre un «avis d'intention d'expulsion», a précisé le porte-parole britannique, qui a expliqué ne pas savoir «combien de temps ce processus va durer», ni vers quel pays ces réfugiés, pour la plupart Syriens, Libanais et Palestiniens, seront expulsés. Une poignée d'entre eux a d'ores et déjà demandé à être rapatriée au Liban plutôt que de rester sur le camp où des troubles ont eu lieu la semaine dernière.

Le sort d'autres migrants, arrivés sur une base britannique de Chypre avant la signature de cet accord, est toujours dans un flou légal. En 1998, 75 migrants, pour la plupart des Kurdes d'Irak et de Syrie, avaient atteint la base d'Akrotiri en bateau. Transférés ensuite vers Dhekelia, certains y vivent encore, après que leurs demandes d'asile répétées auprès des autorités britanniques eurent été rejetées.

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