France

Un campement de plus de 300 migrants évacué dans le nord-est de Paris

360 migrants, pour la plupart demandeurs d'asile selon le maire du XIXe, ont été évacués d'un campement près de la porte de Pantin à Paris. La préfecture a indiqué qu'ils seraient hébergés dans un centre, le temps de réexaminer leur dossier.

Un total de 360 migrants ont été évacués le 22 juin d'un campement de fortune près de la porte de Pantin, dans le nord-est de Paris, à la lisière avec la Seine-Saint-Denis, a fait savoir la préfecture d'Ile-de-France, évoquant une «opération de mise à l’abri».

«On a vu arriver il y a deux semaines les premières tentes sur ce terrain», un square en bordure de périphérique, a indiqué à l'AFP le maire PS du XIXe arrondissement François Dagnaud, pour qui les occupants étaient pour l'essentiel des «hommes isolés afghans et originaires de la corne de l'Afrique, demandeurs d'asile pour la plupart». Ces personnes vont être «accueillies en centre d'hébergement» pour y «bénéficier d'une évaluation de leur situation administrative, d'un accompagnement social, sanitaire et administratif avant d’être réorientées vers des hébergements adaptés à leur situation en Ile-de-France» ou ailleurs, assure la préfecture.

Selon les associations d'aide aux migrants, il s'agit d'un même groupe qui reconstitue régulièrement des campements entre le nord-est de Paris et les communes limitrophes de Seine-Saint-Denis. Ainsi, selon un bénévole du collectif Solidarité migrants Wilson, une partie des personnes évacuées le 22 juin était présente parmi les 500 migrants évacués le 11 mai à Pantin. Installés depuis plusieurs mois sur un parking, ils y vivaient dans des conditions insalubres.

L'association Utopia 56, qui avait dressé fin mai un campement place de la Bastille afin d'alerter sur la situation des jeunes migrants à la rue, a estimé à 380 le nombre de personnes évacuées. «A peine arrivés aux centres d’hébergement, certains sont déjà remis à la rue et la préfecture de police expulse illégalement celles et ceux restés sans solution», a-t-elle déploré.

«On est toujours dans le même cycle», a estimé François Dagnaud, pour qui la prise en charge finit «bon an mal an» par avoir lieu mais sans «jamais réussir à faire en sorte que ça ne passe pas par la rue». Selon l'élu socialiste, «le gouvernement et l'Union européenne n'ont pas encore tiré les conséquences de ces situations d'impasse».

Selon l'Agence européenne des frontières Frontex, Le nombre d'entrées irrégulières dans l'UE a augmenté de 82% entre janvier et mai 2022, ces calculs ne prenant pas en compte l'arrivée de réfugiés ukrainiens.