La polémique provoquée par le geste d'Eric Zemmour qui a brandi un fusil à lunette non chargé en visant des journalistes lors du salon de la sécurité Milipol ne cesse d'enfler. Alors que Marlène Schiappa, ministre en charge de l'Egalité, fut la première à réagir, l'éditorialiste n'a pas hésité à lui répondre directement sur Twitter : «L’humour est une arme dont Madame Marlène Schiappa est totalement dépourvue», a-t-il laconiquement tweeté.
Indignation de journalistes
Anne Saurat-Dubois, journaliste de BFMTV, a d'ailleurs rapporté des propos qu'aurait tenu Eric Zemmour alors interrogé sur la réaction de la ministre : «Interrogé sur Marlène Schiappa au salon Milipol, [Eric] Zemmour : "[Marlène] Schiappa est une imbécile. Grotesque. Ridicule. Les Français se moquent d’elle, ce n’est pas la [première] fois. C’est elle qui m’insulte. Quand on m’attaque je cogne 3 fois plus fort. Qu’ils en soient tous avertis."»
Bien qu'Eric Zemmour a fait valoir l'humour, la séquence a choqué bon nombre de personnalités politiques comme médiatiques. Céline Martelet, grand reporter, a ainsi partagé son effroi sur Twitter : «Plus les mots. Plus les mots pour dire combien tout cela me tord le ventre. La guerre n’est pas un jeu monsieur Eric Zemmour votre regard satisfait d’avoir entre les mains cette arme me fait peur.»
L'éditorialiste Jean-Michel Apathie a commenté lui aussi le geste d'Eric Zemmour avec sévérité : «Ce cirque, ce n’est pas la France, ni ses valeurs.»
Condamnations d'élus de gauche et centristes
Le député de l'Eure (La République en Marche, LREM) Bruno Questel s'est lui aussi indigné en qualifiant sur Twitter Eric Zemmour de «gamin doublé d’une pathologie de moins en moins masquée».
Un autre député LREM, François Jolivet, a rejoint la dénonciation de son collègue en ces termes : «Tous ceux qui connaissent les armes, ont la responsabilité d’en porter, savent combien le comportement d'Eric Zemmour est inconscient.»
Rachid Temal, sénateur du Val d'Oise (Parti Socialiste), a estimé pour sa part : «la politique c’est aussi des symboles.» Et d'ajouter : «Pointer une arme de guerre sur des journalistes est un. Une violence inouïe et un rapport à la démocratie et à la liberté de la presse. Cela en dit long sur la relation entre ce candidat d’extrême-droite et la presse».
Enfin, entre autres exemples encore, Audrey Pulvar, ex-journaliste désormais conseillère régionale d'Île-de-France et adjointe à la Maire de Paris, a lancé un avertissement : «Nous ne pourrons pas dire que nous n’étions pas prévenu.e.s», a-t-elle tweeté.
Autant de réactions qu'Eric Zemmour a semblé vouloir tourner en dérision en publiant une photo de la reine d'Angleterre Elizabeth II en train d'essayer un fusil d'assaut, légendée d'un simple cœur.