France

Air cocaïne : l’évasion n’était «pas une infraction», défend l’avocat du pilote

Alors que de nombreuses versions ont circulé sur le déroulement de la fuite des deux pilotes, l’un d’eux, Pascal Fauret, a affirmé avoir quitté la République dominicaine afin de s’en remettre au système judiciaire français.

Lors de la conférence de presse qu’il a donnée ce mardi en présence de ses avocats, le pilote n’a fait montre d’aucun remord. L’évasion, minutieusement préparée, était une initiative personnelle, a indiqué sa défense avant de balayer la rumeur qui parlait d’une implication du Quai d’Orsay.

Pascal Fauret et ses avocats ont également nié toute part de responsabilité quant au sort des deux autres Français condamnés, restés sur place. Ceux-ci redoutent en effet que les autorités dominicaines ne durcissent leur traitement suite à l’évasion. Fauret a indiqué qu’ils n’étaient pas «une bande de copains» et que leur destin n’était aucunement lié. Il a expliqué avoir simplement saisi l’opportunité qui se présentait de s’échapper, estimant que ceux qui lui reprochaient un manque de solidarité ne savaient pas ce que c’était que de vivre en détention.

Enfin, le pilote a refusé que l’on qualifie son acte d’«infraction». Sa volonté était uniquement de rentrer afin de se mettre à la disposition de la justice française, selon lui. Présent à la conférence, le sénateur représentant les Français de l’étranger, Olivier Cadic, a estimé que les deux fugitifs n’avaient «rien à se reprocher».

Plus tôt ce mardi, plusieurs versions avaient circulé concernant le modus operendi, sur lequel la défense a indiqué qu’elle ne s’exprimerait pas.

La chaîne française BFMTV, affirmait que Fauret et Bruno Odos, les deux fugitifs, avaient été aidés par d’anciens militaires et d’ex-membres de la DGSE. Selon cette source, le membre du Front national Aymeric Chauprade, aurait également été impliqué dans l’évasion. Ce dernier leur a expliqué avoir dîné avec les Fauret et Odos quelques jours avant les faits, précisant : «je vous mentirais si je vous disais que nous n’avions pas parlé de cette question».

BFMTV expliquait que les deux prévenus avaient «prétexté faire une balade touristique en mer» avant de s’enfuir à bord d’un autre bateau, munis de faux passeports. L’hebdomadaire français Valeurs Actuelles, lui, avançait qu’un hélicoptère les avait chargé en République dominicaine, avant d’être largués en mer, puis récupérés par un bateau privé.

En 2013, quatre pilotes français avaient été condamnés à 20 ans de détention en République dominicaine, après une saisie de 700 kilos de cocaïne. En parallèle, une enquête avait été ouverte en France. Outre Fauret et Odos, qui sont désormais en France, deux autres pilotes sont encore retenus dans les Antilles dans le cadre de l’affaire.

L’avocat de l’un d'eux a déclaré que la cavale l’évasion ne faisait que «polluer toute démarche auprès des autorités dominicaines pour obtenir son rapatriement en France». Il a  par ailleurs indiqué que son client, qui avait subi un accident de la route, risquait l'amputation s'il ne pouvait pas être ramené en France.