France

«Décadence française» : l'empaquetage de l'Arc de Triomphe provoque des critiques acerbes

Plusieurs centaines de mètres carrés de tissu recyclable ont été déroulés le 12 septembre sur l'une des faces de l'Arc de Triomphe. Le monument parisien va être empaqueté du 18 septembre au 3 octobre, une opération qui attire déjà les critiques.

Entamé le 12 septembre, l'empaquetage de l'Arc de Triomphe à Paris, projet posthume de l'artiste Christo, ne plait visiblement pas à tout le monde. Alors que plusieurs centaines de mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté prévu pour ondoyer au gré de la météo ont commencé à être déroulés sur le monument parisien, plusieurs personnalités politiques et médiatiques ont réagi négativement.

Ainsi, pour l'ancien président du Front national Jean-Marie Le Pen, la transformation de l'Arc de Triomphe en gigantesque paquet-cadeau s'apparente à «une imbécillité bien digne de la décadence française».

Une «monstruosité» selon Florian Philippot, le chef des Patriotes, qui dénonce «un sac poubelle autour de l'un de nos plus glorieux monuments» et reproche aux initiateurs du projet de vouloir «tout salir».

L'ancien député Jean-Frédéric Poisson, candidat à l'élection présidentielle 2022, a filé la métaphore politique, pointant une «mauvaise manie d'envelopper l’Histoire, de l'arranger, de l'empaqueter pour offrir ce qu'on veut lui faire dire, de la cacher par des arbitraires et la gâcher par des idéologies».

Même parallèle avec la «cancel culture» pour le journaliste Eric Revel, qui trouve «quelque chose d'étrange dans l’action d'empaqueter nos monuments». L'éditorialiste conservateur André Bercoff a également dénoncé un «business du vide», accusant la maire de Paris Anne Hidalgo (qui s'est déclarée candidate à la présidentielle le jour du début des travaux sur le monument) de «mettre la France dans un sac poubelle comme elle le fait pour l'Arc de Triomphe».

L'ex-militant de Debout le France Maxime Thiébaut a également ciblé l'édile parisienne : «Transformer l’Arc de Triomphe en poubelle géante le jour où Anne Hidalgo déclare sa candidature à l’élection présidentielle, tout un symbole», a-t-il écrit.

Un projet à 14 millions d'euros

Cet empaquetage – 25 000 m2 de tissu maintenu par 3 000 m de corde rouge – est censé être prêt le 18 septembre, jour de l'inauguration, et restera en place jusqu'au 3 octobre. Il a été imaginé par l'artiste contemporain Christo, décédé en mai 2020, et son épouse Jeanne-Claude, décédée en novembre 2009. D'un coût de 14 millions d'euros, le projet est autofinancé sans subvention publique, grâce à la vente d'œuvres de Christo dessins préparatoires, souvenirs, maquettes et lithographies. 

En 1985, l'artiste avait déjà empaqueté à Paris le Pont Neuf, et en 1995 le Reichstag à Berlin. Cette dernière réalisation avait scandalisé le chancelier de l'époque, Helmut Kohl, qui y avait vu «une atteinte à la dignité du puissant symbole de l'histoire du pays».