France

«Propos mensongers» sur le Covid : BFM supprime l'intervention d'une infirmière et d'un chirurgien

BFM a dépublié l'intervention de deux soignants qui avaient expliqué à l'antenne les raisons pour lesquelles ils s'opposaient à la vaccination obligatoire. La chaîne de télévision a dénoncé a posteriori la tenue de «propos mensongers».

Initialement partagé le 5 août sur les réseaux sociaux par l'antenne Alpes du Sud Haute Provence de BFM TV, le passage télévisé d'un chirurgien et d'une infirmière, qui remettaient tous deux en cause la campagne de vaccination en France, a finalement été supprimé dans la matinée du 7 août par la chaîne d'informations en continu.

«Propos mensongers» et «fausses informations»

L'antenne locale de BFM TV qui avait réalisé l'interview en question a expliqué cette décision sur les réseaux sociaux, en ces termes : «Nous avons décidé de supprimer la vidéo reprenant le passage sur notre antenne de Maria Cloarec, infirmière, et de Pascal, chirurgien libéral, tous deux membres du collectif soignant 05, en raison de la tenue de plusieurs propos mensongers et de fausses informations.»

«Dangerosité du vaccin, plan blanc en Paca : retour sur les propos inexacts tenus sur le plateau de bfmdici», a par ailleurs titré la chaîne de télévision dans un article revenant sur les propos tenus par les deux soignants durant leur passage à l'antenne. 

On se demande où sont les patients covid, qui soi-disant sont supposés submerger nos services

Durant son intervention, l'infirmière Maria Cloarec avait notamment remis en question l'existence d'un encombrement des services hospitaliers lié à l'épidémie. «On se demande où sont les patients Covid, qui soi-disant sont supposés submerger nos services», avait-elle entre autres déclaré, invitant «tous les journalistes» à appeler les directions des hôpitaux pour faire des recherches en ce sens.

«Contrairement à ce qu'affirme Marie Cloarec [...], 43 patients sont toujours hospitalisés pour une infection au Covid-19 dans les hôpitaux des Alpes-de-Haute-Provence, selon les chiffres officiels du gouvernement [...]. Concernant les Hautes-Alpes, toujours selon les mêmes données, le chiffre des hospitalisations s’élevait vendredi à 15. Si ce nombre est certes bien éloigné de la centaine de patients soignées au printemps dernier, il est toutefois en constante augmentation depuis le 11 juillet dernier, où seuls cinq patients étaient traités pour une infection au coronavirus», souligne désormais BFM TV dans son dernier article de mise au point.

La chose préoccupante c'est que l'ARN messager injecté chez le rat atteint des organes critiques tels que le cerveau, le cœur, les gonades et les ovaires

Pour sa part, alors qu'il expliquait être opposé à l'obligation vaccinale en vigueur pour certaines professions, le chirurgien nommé «Pascal» remettait en cause l'utilisation même du mot vaccin. «Il s'agit d'une biotechnologie innovante pour laquelle on a très peu de recul», avait-il déclaré avant de faire allusion aux résultats d'expérimentations effectuées sur les rats par le laboratoire Pfizer. «La chose préoccupante c'est que l'ARN messager injecté chez le rat atteint des organes critiques tels que le cerveau, le cœur, les gonades et les ovaires», a-t-il entre autres affirmé.

A ce sujet, BFM TV consacre aujourd'hui plusieurs paragraphes recontextualisant les propos tenus par son invité, mettant notamment en avant un récent communiqué de l'Académie nationale de médecine contre les fausses informations répandues au sujet de l'ARN Messager.

En tout état de cause, après avoir été massivement été repartagé sur les réseaux sociaux, le passage télévisé de ces deux soignants avait également été épinglé par des professionnels de la santé, dont le docteur en biologie moléculaire Alexander Samuel, notamment connu pour son implication dans le mouvement des Gilets jaunes et son enquête sur la nocivité des gaz lacrymogènes. «On est en pandémie, un peu de sérieux, on laisse pas dire [n'importe quoi] sans contradiction en zappant les sujets», a-t-il écrit en appelant la chaîne télévisée à «recadrer sa branche Hautes Alpes».