France

Commémoration de l'abolition de l'esclavage : Taubira fustige le silence de Macron

Christiane Taubira a vivement critiqué la décision du président de ne pas prononcer de discours à l'occasion de la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, alors qu'il l’avait fait pour célébrer le bicentenaire de Napoléon.

Le 10 mai, Emmanuel Macron a présidé une cérémonie dans les jardins du palais du Luxembourg à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Le président français n'a pas prononcé de discours,  alors qu'il s'était exprimé lors de la cérémonie pour le bicentenaire de la mort de Napoléon, ce qui a provoqué une vague d'indignations, notamment celle de Christiane Taubira.

On a le droit d'avoir les fascinations qu'on veut. Ceci étant, lorsqu'on a le culte des héros, c'est une époque qui ne manque pas de figures héroïques

Interrogée par la chaîne publique La 1ère au terme de la cérémonie, Christiane Taubira a jugé «édifiant que le président de la République n'[ait] rien trouvé à dire sur plus de deux siècles de l'histoire de la France, alors qu'il y a cinq jours il faisait des gammes sur Napoléon Bonaparte». 

«On a le droit d'avoir les fascinations qu'on veut. Ceci étant, lorsqu'on a le culte des héros, c'est une époque qui ne manque pas de figures héroïques», a-t-elle déclaré avant d'évoquer différentes personnalités telles que le général Toussaint Louverture, la capitaine Sanité Belair, le colonel Louis Delgrès ou Marie-Rose Toto qui «se sont battues contre le rétablissement de l'esclavage et contre l'esclavage» avant de perdre la vie.

Christiane Taubira a enfin estimé que «cette histoire n'est pas une histoire de poésie à quatre sous avec des rimes sur l'Empire est le pire ou l'Empereur est le meilleur, c'est une histoire de vie et de mort [...], une histoire de l'humanité [...] et effectivement, on peut ne rien avoir à dire sur cette histoire». 

Accompagné par le président du Sénat Gérard Larcher et plusieurs ministres, le chef de l'Etat a assisté à cette cérémonie qui marquait les 20 ans de la loi portée à l'époque par la députée de la Guyane Christiane Taubira, qui fait de l'esclavage un crime contre l'humanité en France.

En 2006, le président Jacques Chirac avait décrété le 10 mai comme date officielle de la commémoration de l'abolition de l'esclavage.