Jean-Yves Le Drian «écartelé» entre lutte contre Daesh et élections régionales

Jean-Yves Le Drian© Jacky Naegelen Source: Reuters
Jean-Yves Le Drian

Depuis sa décision de se présenter en Bretagne tout en restant ministre de la Défense, la France étant engagée dans plusieurs opérations militaires, Jean-Yves le Drian est sous le feu des critiques, beaucoup parlant d'attitude irresponsable.

Depuis que le ministre de la Défense a confirmé vendredi, sa candidature à la présidence de la région Bretagne, la presse hexagonale se déchaîne. En effet, si Jean-Yves Le Drian souhaite se présenter dans sa région, ce choix se révèle pour le moins délicat, vu la situation internationale entâchée par la progression de Daesh et les attentats sanglants de Boko Haram en Afrique.  

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Ainsi, Le Monde affirme que Jean-Yves Le Drian est «écartelé entre les deux piliers de sa carrière politique», tandis que le quotidien l'Alsace ironise en qualifiant le ministre de «baroudeur du Mali ou du ciel irakien, envoyé sauver la Bretagne, sa terre natale». 

«Petite décision, mais grande conséquence» pour le Midi libre qui ne cache pas son incompréhension : «alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que la France est engagée militairement sur le terrain, Jean-Yves Le Drian zappe et change de disque dur. La cible n’est plus Raqqa, mais Rennes !», écrit-t-il.

Il est vrai qu'entre la Défense et la Bretagne il faut choisir. Ainsi, Sud-Ouest explique que, si Jean-Yves Le Drian «s’asseyait le 13 décembre au soir dans le fauteuil présidentiel à Rennes, on voit mal comment l’exécutif pourrait, dans le climat actuel, justifier le maintien du ministre à son poste».

La Charente libre, relève elle, que «la seule logique de cette double casquette inédite serait de permettre à Jean-Yves Le Drian de rester ministre de la Défense en cas de défaite historique dans son bastion breton», estimant que s'il perd, le ministre devrait logiquement démissioner, «comme le veulent les usages politiques».   

Mais les critiques envers l'actuel ministre de la Défense ne proviennent pas que de la presse. En effet, à l'annonce de la candidature de Jean-Yves Le Drian, la droite s'est empressée de tâcler ce dernier s'étonnant d'une attitute qu'elle considère «irresponsable», assurant que, à l'heure où les terroristes de l'Etat islamique continuent leur progression en Syrie et en Irak et que la secte islamiste Boko haram sème la terreur en Afrique de l'Ouest créant carnage sur carnage, ce n'est pas le moment de mener une opération-séduction de l'électorat en Bretagne. 

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