France

La France, «seul grand pays d'Europe à tenir des élections locales» ? La fake news de Darmanin

Face aux députés, Gérald Darmanin a affirmé que la France serait «le seul grand pays d'Europe à tenir des élections locales». En réalité, des élections régionales ont par exemple eu lieu en mars en Allemagne. D'autres se tiendront en mai en Espagne.

Le 13 avril, lors d'un débat à l'Assemblée nationale portant sur les élections régionales, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé devant les députés que la France serait «le seul grand pays d'Europe à tenir des élections locales» dans le contexte des restrictions sanitaires. Une affirmation erronée, puisque des élections ont eu lieu dans deux Länder allemands en mars, et que des élections régionales anticipées auront lieu en mai à Madrid.

En comparant la situation en France avec celle de ses voisins européens, Gérald Darmanin s'est exprimé en ces termes : «Souvent les élections locales ont été reportées, souvent les élections nationales ont été maintenues. La France sera donc le seul grand pays d'Europe à tenir des élections locales.»

Le ministre de l'Intérieur a déclaré penser à l'Italie, «qui a reporté ses élections locales». Si le gouvernement italien a bien annoncé le 4 mars le report à l'automne d'une série d'élections locales en raison de l'épidémie de Covid-19 (dont celle de maires de grandes villes comme Rome, ou Naples) prévues initialement avant l'été, les élections renouvelant les conseils régionaux et les présidents de sept des neuf régions italiennes ont néanmoins eu lieu les 20 et 21 septembre 2020.

Plus récemment, les élections régionales des Länder allemands Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat se sont tenues le 14 mars et celle du Land Saxe-Anhalt devrait avoir lieu le 6 juin, avant celles Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, de Berlin et de Thuringe le 26 septembre. En Espagne, les élections au Parlement de Catalogne ont eu lieu le 14 février dernier, et des élections anticipées auront lieu dans la communauté autonome de Madrid le 4 mai, en raison d'une rupture inattendue de la coalition au pouvoir.