Coronavirus : le gouvernement français fait volte-face sur le port des masques

Coronavirus : le gouvernement français fait volte-face sur le port des masques© GEOFFROY VAN DER HASSELT / POOL Source: AFP
Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, s'exprimant le 28 mars (image d'illustration).
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Après avoir assuré des semaines durant que le port du masque n'était pas utile pour tout le monde, le gouvernement réalise un virage, encourageant désormais le grand public à s'en équiper «s'il le souhaite» pour limiter la propagation du coronavirus.

Il y a quelques jours encore, le gouvernement assurait que le port du masque n'était pas pertinent pour le grand public, et que son utilisation n'avait un intérêt que pour les personnels soignants et les personnes malades.

Source de nombreuses critiques, cette position, que soutenait le gouvernement depuis le début de la crise, n'est désormais plus d'actualité. Le numéro deux du ministère de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, vient en effet d'annoncer la fabrication de masques «alternatifs», autres que médicaux. Surtout, il suggère à tout un chacun de s'en équiper. «Nous encourageons le grand public, s'il le souhaite, à porter [...] ces masques alternatifs qui sont en cours de production», a-t-il ainsi lancé le 3 avril.

Cette décision vient contredire les recommandations jusqu'ici émises par le gouvernement. Le 17 mars, le professeur Jérôme Salomon s'était en effet indigné de voir «énormément de masques dans la rue, des personnes qui n'ont aucune raison d'en porter et d'être exposées à des malades». «Ces masques sont mal portés, mal utilisés, ils manquent aux soignants», avait-il martelé, suivant la ligne du gouvernement sur la question.

«Qu'on ait un masque ou non, on touche son visage à peu près toutes les minutes. Un masque est une structure qui est faite de papier et qui est poreuse. Un masque n'empêche pas les particules de venir s'imprégner dans le masque. Le masque empêche les particules de venir dans votre bouche ou dans votre nez. Mais si vous portez un masque imprégné par des particules contaminées, et qu'ensuite vous touchez votre masque, c'est par les mains que vous allez vous contaminer», renchérissait le 21 mars le ministre de la Santé Olivier Véran, soulignant ainsi l'inutilité, selon lui, du port du masque par le grand public.

La veille, sur BFM TV, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, était montée au créneau avec une argumentation très personnelle, qui n'avait pas manqué de faire réagir : «Les masques ne sont pas nécessaires pour tout le monde, et vous savez quoi ? Moi je ne sais pas utiliser un masque, [...] parce que l'utilisation d'un masque, ce sont des gestes techniques précis, sinon on se gratte le nez sous le masque et on a du virus sur les mains [...] ça peut même être contre-productif.»

Pourquoi un tel revirement ?

Dès lors, comment expliquer un tel revirement ? L'animatrice de télévision Marina Carrère d'Encausse, également médecin, a livré son avis sur la question le 1er avril. Selon la présentatrice d'émissions sur France 5, alors que le pays fait face à une pénurie de masques, les propos officiels sur leur inutilité présumée pouvaient s'apparenter à un «mensonge» fait «pour une bonne cause», c'est-à-dire destiné à les réserver aux soignants.

Des enquêtes de Mediapart et France 2 tendent à renforcer l'hypothèse selon laquelle le discours officiel sur l'inutilité du port du masque a été adopté en raison de la pénurie de masques.

Mais le gouvernement pourrait aussi avoir opéré ce revirement pour s'adapter à de nouvelles préconisations des milieux scientifiques. Le 3 avril, le docteur Mike Ryan, expert en situations d'urgence à l'OMS, a déclaré que les masques médicaux et chirurgicaux devaient être réservés «aux personnels en première ligne». Mais il a ajouté que «l'idée d'utiliser des masques recouvrant les voies respiratoires ou la bouche pour empêcher que la toux ou le reniflement projette la maladie dans l'environnement et vers les autres [...] n'[était] pas une mauvaise idée en soi». Or, Olivier Véran avait notamment justifié la politique du gouvernement sur les masques, au cours des dernières semaines, par le fait que l'OMS n'en recommandait pas le port.

Le même 3 avril, l'Académie de médecine a estimé que le masque «grand public» devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement. Le 1er avril, outre-Atlantique, les Académies américaines des sciences avaient cité, dans un courrier adressé à la Maison Blanche, quatre études selon lesquelles le virus pourrait se transmettre via l'air expiré par les personnes (les «aérosols» dans le jargon scientifique), et non plus seulement par les gouttelettes et postillons projetés lors d'un éternuement, ou sur des surfaces. Ce qui rendrait pertinent le fait de se couvrir le visage.

Enfin, les critiques formulées contre la gestion de la pandémie par le gouvernement, notamment émises depuis l'étranger, ont peut-être également fait pression en faveur de ce revirement. Depuis le début de la crise, la non-généralisation du port du masque dans les pays occidentaux a interloqué de nombreux pays asiatiques. «La grosse erreur aux Etats-Unis et en Europe, à mon avis, c'est que les gens ne portent pas de masques», avait par exemple souligné le chef du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, le 27 mars dans une interview accordée au magazine Science.

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